Les histoires d'Elise

C'est désormais ici que l'on peut lire la suite de l'histoire des Orlithe, qui réalisent le Legacy challenge

19 septembre 2005

L'arrivée de la cinquième génération

Voici la suite de la chronique qui a débuté sur le site officiel des sims : A la conquête de Ruatho, Legacy challenge. Comme son nom l'indique, il s'agit de la réalisation du legacy challenge, épreuve bien connue chez les joueurs de Sims 2. Le début est en cours de rappatriement depuis le site officiel, et se trouve dans la catégorie Le début du Ruatho.
Ne vous laissez pas rebuter en vous disant "Encore un legacy !!". Je n'aurai pas la prétention de me lancer des fleurs, mais mes fidèles lecteurs ;) disent eux-mêmes que j'ai réussi à camoufler le legacy sous une histoire. Alors, pourquoi ne pas se laisser tenter ? :D

Bonne lecture !

Dernier épisode du 13 mars 2006  chromearrowwht1

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Les jumeaux rentrèrent donc tout de suite sur le campus. Alain prit à peine le temps de poser ses bagages et fila voir Mirrim, le cœur déchiré. Sur la route, il ne pouvait empêcher ses larmes de couler…
Enfin, il arriva en vue de l'association des Orlithe. Mirrim, qui guettait son retour, se rua hors de la maison et se jeta sur Alain pour l'embrasser. Alain, la mort dans l'âme, n'eut pas le courage de la repousser tout de suite ; il savait que c'était le dernier baiser qu'ils partageaient.
Enfin, il rompit leur étreinte. Il prit Mirrim par les épaules et la regarda dans les yeux.
-Mirrim, rentrons s'il te plait. J'ai beaucoup de choses à te dire.
-Tu vas me raconter ce que vous voulait ce notaire ?
-Oui. Viens.

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Arrivés à l'intérieur, ils parlèrent. Alain lui expliqua tout :
"Mirrim, ma douce, le notaire m'a appris quelque chose de terrible Je préfère aller droit au but plutôt que de tourner autour du pot. Ton oncle Sebell, tu t'en souviens ?
-Bien sûr, mais que vient-il faire là ?
-Sebell a eu une aventure avec ma mère, il y a environ 18 ans. De cette aventure sont nés deux bébés… Marc et moi.
-Quoi ?! Mais tu veux dire qu'alors… alors…
-Oui, Mirrim. Ça signifie que nous sommes de la même famille tous les deux. Ce qui signifie, pour moi, que…
Alain étouffa un sanglot.
-ça signifie que nous ne devons plus rester ensemble.
-Noooooooooooooooooon ! Alain, ça n'est pas possible, il faut vérifier, je ne peux pas accepter ça, je t'aime trop !!
-Mirrim, il faut accepter cette vérité ! Il n'y a rien à vérifier, le notaire est l'exécuteur testamentaire de Sebell, mon PERE ! Souviens toi, Menolly a dit un jour que j'avais un curieux air de famille, mais qu'elle n'arrivait pas à définir d'où.
-Nooon…
Mirrim s'écroula en sanglot dans les bras d'Alain. Ils restèrent longtemps enlacés, jusqu'à ce que la nuit tombe, sanglotant, sans dire un mot. Alain, à bout de force, se força à partir lorsque Brekke rentra, lui expliquant la situation en quelques mots prononcés d'une voix cassée avant de lui confier celle qu'il considérait la veille encore, comme la future mère de ses enfants.

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Dès lors, Brekke ne quitta plus sa cousine. Personnellement, son lien de parenté avec Marc et Alain la laissait de glace… Marc était oublié depuis longtemps, et son souvenir écrasé par toutes les conquêtes qui avaient suivi. Mais Mirrim… Elle n'avait plus goût à rien. Brekke avait même dû l'empêcher de partir de la fac pour aller s'installer le plus loin possible.
"Mirrim, tu ne peux pas partir comme ça. Pense à la famille ! Et toi qui parlais de tes responsabilités avant d'arriver ici !
-La famille ? Ma mère a fichu le camp, pour mon père, je ne suis que l'héritière. Il n'y a vraiment que toi, mais ta présence me fait trop penser à… Et puis mes responsabilités ?? Je suis sure que tu ferais une très bonne héritière.
-Mirrim ! Mais tu bosses depuis toute petite pour ça !
-Non. Maman me faisait bosser. J'ai juste pris le pli.
-Mais tu ne vas pas gâcher toutes ces années de boulot. Et puis, je ne veux pas être l'héritière ! De toute façon, tonton Jancis refuserait, ça c'est sûr."
Mirrim eut un petit sourire triste.
-Moi non plus, je ne veux plus être l'héritière. Je m'en fiche. A quoi ça me servirait si Alain n'est pas là pour partager ces moments avec moi ?
Brekke se leva et prit sa cousine dans ses bras. Mirrim, à nouveau, pleurait. Elle pleurait tant depuis qu'elle savait !
-Mirrim, lui dit-elle d'une voix douce, laisse toi le temps d'y voir clair. Ne prends pas de décision hâtive. Avec du temps, tu rencontreras d'autres personnes, tu verras les choses autrement. Regarde, rien que le vendeur de plat chinois, ou ce type qui se balade tout nu sont prêts à vendre père et mère pour être avec toi.

Pour toute réponse, Mirrim s'enfouit un peu plus dans les bras de Brekke et y pleura longuement.

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Les choses évoluèrent peu. Mirrim suivit le conseil de Brekke de ne pas prendre de décision hâtive, et resta sur le campus. Brekke, de toute façon, supposait que c'était dans l'espoir d'entrapercevoir Alain qui était toujours ici. Mais elle ne croisait que Marc (il faisait lui aussi économie) qui ne lui disait rien d'autre que "Alain préfère ne pas te voir, ça le fait trop souffrir. Il n'a vraiment pas le moral".

Alors, Mirrim errait. Elle se levait, allait en cours quand elle devait et restait plantée devant la télé le reste du temps. Brekke prit les choses en main un certain temps : elle persuadait ses amants de faire les devoir de Mirrim, elle ramassait elle-même les simflouzes sur les arbres pour le projet de fin de cursus de Mirrim. Mais difficile de mener ça de front avec ses propres études de psycho et ses nombreux amants qui défilaient !
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Alors un matin, au petit déjeuner, elle décida de changer de tactique. Apparemment, maintenir Mirrim dans une boule de ouate ne la faisait pas réagir. Il fallait la bouger et relancer la machine !
-Mirrim, j'aimerais qu'on ait une discussion sérieuse toutes les deux.
-Mmmm ?
-Voilà à peu près 6 mois que tu te complais dans ton malheur. 6 mois que je récolte de l'argent pour toi. 6 mois que je te fais faire tes devoirs. 6 mois que je fais le ménage (beuark !). Je continuerais à le faire si je savais que ça pouvait t'aider. Mais je n'en ai pas l'impression.
-Ce qui veut dire ?
-Que je ne vais plus faire ces choses pour toi. Je pense que tu devrais avoir eu le temps de te remettre, au moins un peu, suffisamment pour retrouver le contrôle de ta vie.
-Je n'ai goût à rien. Je n'ai pas envie de faire toutes ces choses…
-Je sais, mais je voudrais que tu les fasses quand même. Tu ne peux pas rester toute ta vie comme ça !
-Mais… sniiiif… Tu sais, je… je pense à lui… Je… je l'aime toujours.
Décontenancée, émue, Brekke préféra se lever et commencer à partir. Elle avait mal en voyant sa cousine comme ça.
-Essaie de faire l'effort de faire autre chose. Je crois que tu penseras moins à lui. Je t'aiderai, mais il faut que tu fasses des efforts. Je te laisse réfléchir à ça.

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Dès qu'elle fut dehors, Brekke fondit en larmes. Malmener Mirrim comme ça lui fendait le cœur, car les deux cousines étaient devenues plus proches que jamais durant leur cohabitation à la fac. Pour tenter de se changer les idées, elle fila directement en centre ville, histoire d'essayer des vêtements. Ben oui, elle n'en achetait pas pour aider Mirrim à faire son projet, mais ça n'empêche pas d'essayer non ? Surtout qu'en cours d'essayage, elle rencontra une de ses "connaissances", Sébastien, un séduisant rouquin qui la faisait craquer en ce moment. Il semble même qu'elle l'ait invité dans sa cabine d'essayage, histoire de se réconforter un peu…
Bref, en tout cas, quand elle revint à la maison, Mirrim avait l'air d'avoir réfléchi. Elle promit à Brekke de faire tout son possible pour retrouver ses activités "d'avant". Mais elle n'avait pas envie de rencontrer quelqu'un. Rencontrer des gens discuter, ça oui, mais elle savait que "l'amour n'était plus pour elle".
Brekke la prit dans ses bras et la félicita. Mais son petit sourire en coin en disait long sur ce qu'elle pensait de sa dernière phrase : "Pff, tu verras bien petite sotte, si l'amour n'est pas pour toi ! S'il y a au moins une chose que j'ai apprise, c'est qu'il y a de l'amour pour tous ceux qui en veulent, sur cette terre. Et quand ça te reprendra…

Pendant de temps là, à Ruatho :

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Et pendant que les deux cousines tentaient de recouvrer un certain équilibre, ça chauffait dur à la maison. Après toutes ces années, Menolly avait fini par prendre son parti de son état de ressuscitée, et l'amitié de Meer avait grandement aidé à une stabilisation de son état de santé (y compris les médicaments, tout de même). Reprenant donc confiance au fil du temps, elle re-contacta ses anciens petits amis pour… Hem, vous voyez bien, pourquoi.
Mais ça n'a pas plus à tout le monde à la maison ! Jancis me demanderez-vous ? Naaan, Jancis faisait plutôt profil bas depuis l'enfermement de Karène. C'est Léo, tout simplement, en rentrant du boulot, qui tomba sur Menolly en pleine drague, et ça l'a choqué, voyez-vous…

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Et ce cafteur, il a tranquillement attendu que Meer rentre du boulot pour tout raconter !
"Meer, ma chérie, tu te rends compte ? J'ai surpris Menolly en train de draguer cette après-midi !
-Ah bon ? C'est drole, ça lui avait passé, cette habitude de coureuse… ça lui aurait donc repris ?
-Mais on dirait bien ! C'est épouvantable !
-Pourquoi tu le prends si mal, mon chéri ?
-Meer, elle est MALADE !
-Oui, mais elle se soigne, non ?
-Non, elle maintient son état. Elle est toujours contagieuse, tu ne te rends pas compte, ma chérie ! Elle pourrait contaminer tous ces gens, elle ne peut pas se permettre de faire ça !"
Meer tourna longtemps la chose dans sa tête. Elle alla voir par elle-même si Menolly avait repris ses mauvaises habitudes. Et constata bien évidemment ce qu'il en était…
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Un soir, Meer finit par déclencher la discussion. Elle avait longuement observé Menolly et s'était rangé à l'avis de Léo : ce qu'elle faisait était déraisonnable. Elle invita donc Menolly avec elle dans le bureau.
"Nolly, je me suis aperçue que tu avais recommencé à draguer à tout va.
-Oui, hein, tu as vu ? C'est signe que le moral revient ! Depuis le temps…
-Nolly, le moral, peut-être, mais la santé ?
-Quand le moral va, ça aide bien, pour la santé, non ?
-Moui…
-Mais qu'est-ce qui se passe ? Tu n'as pas l'air contente…
-C'est vrai que je ne suis pas très contente… Tu ne te soucies vraiment pas des gens, je trouve ! Toi, tu vas peut-être pas trop mal, mais est-ce que tu te rends compte de tous ces gens que tu pourrais infecter ? Et combien il y en a d'ailleurs ?"
Menolly répondit d'une toute petite voix :
"Ben cette après midi, au centre commercial, ça faisait… 30
-Trente ?!? Mais enfin, est-ce que tu réfléchis un peu ?? J'étais la plus heureuse du monde quand je t'ai fait revenir des morts, mais aurai-je d'autres morts sur la conscience ? Ne peux-tu pas te retenir, bon sang ?"

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Menolly baissa la tête et commença à sangloter.
"Meer, je pensais que toi au moins tu comprendrais. Tu es la personne de la famille qui compte le plus pour moi. Que tu aies cette opinion de moi me rend terriblement malheureuse.
-Mais alors arrête ! Et tout se calmera !
-Mais Meer ! Tu sais que j'ai besoin de cette chaleur humaine pour me sentir bien ! Je me sens de mieux en mieux depuis que je revois mes anciens amants ! Et puis je prends mes précautions, tu sais, je ne fais pas ça de façon écervelée…
-Peu importe… Le risque zéro n'existe pas. Je suis peut-être intransigeante, mais c'est ce que je pense. Je… Nolly… Je ne cautionne vraiment pas ce que tu fais. Fais en ce que tu en veux, mais c'est ainsi." 

A la suite de cette discussion, les relations entre Meer et Menolly ne cessèrent de se dégrader, au grand regret de chacune d'elles, pour couronner le tout. Mais elles étaient toutes deux persuadées d'être dans le vrai. Cette ambiance chagrina tellement Menolly qu'un jour elle décida de quitter la maison.
"Meer, j'en ai assez, c'est trop dur, je préfère partir d'ici.
-Tu n'es pas obligée, tu sais. Meer répondit froidement, mais la lueur d'inquiétude dans ses yeux démentait son ton.
-Si, vous me désapprouvez tous, c'est trop dur à gérer. Je n'ai pas d'enfant, pas de mari, je préfère partir et laisser la maison à ceux qui en ont."

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Et hop, à peine quelqu'un part que quelqu'un d'autre arrive, dans cette maison. Brekke vient de rentrer et poser ses valises dans l'ancienne chambre de Menolly. Il était tard et seul Léo était encore debout.
"Papa ! Viens ici que je te fasse un bisou !
-Brekke ! Ma petite chérie ! Tu es déjà rentrée ? Comment vas-tu ?
-Ben écoute moi, ça va plutôt bien. Ma fête de fin d'étude était super, mais je te raconterai tout ça plus tard. Vous avez eu des nouvelles de Mirrim ?
-Boh, pas plus que d'habitude. Elle n'appelle pas très souvent, tu sais… "
Brekke se mordit la lèvre.
-Moui, je sais. Elle ne va pas très fort. Un chagrin d'amour.
-Ah ? Oh, elle est jeune, ça lui passera…
-Oui, c'est ce que je lui ai répété. Dis-moi, sinon, vous n'avez pas eu non plus de nouvelles des jumeaux Lamy ?
-Qui ça ? Ah, oui, ces deux garçons qui vous rendaient souvent visite ? Non, pourquoi ?
-Oh pour rien, pour rien. C'est bizarre, tout de même…"
Léo ne releva pas. Il tombait de sommeil et ne pensait plus qu'à son lit.

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Bizarre, aurait également pensé Mirrim si elle s'était attardée à réfléchir à ça. Mais elle n'y réfléchissait guère. Le départ de Brekke la touchait plus qu'elle ne le pensait. Mais bon, elle se disait qu'il ne restait plus qu'un semestre, après tout.
Un semestre à récolter des simflouzes et à bosser. Elle avait également une vie sociale développée, avec beaucoup d'amis, mais aucun homme en vue. Et pourtant, ça n'était pas faute de prétendants ! Comme lui avait dit Brekke, Le livreur de plat chinois et le mec qui se balade tout le temps tout nu lui couraient après sans arrêt. Parfois, en se retournant, elle trouvait l'un des deux derrière elle, un cadeau à la main. Boh, parfois le mec tout nu, Paco, se contentait de se trémousser tout nu devant elle, mais elle avait appris à faire avec et à ne plus être surprise.

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Tant bien que mal, elle continuait à avancer et finit même ses études. Elle rentra immédiatement à Ruatho, assez fière, quand même de ses résultats. A peine quelques jours après son retour, son père la convoqua dans son bureau.
"Bien, Mirrim, maintenant que tu as fini tes études, il va être temps d'assumer le rôle d'héritière auquel on te destine depuis ta plus tendre enfance.
-Et bien puisqu'il est temps, allons-y. Comme tu l'as dit, vous m'avez préparé à ça depuis longtemps. En plus, tu ne m'as pas demandé, mais j'ai eu mon diplôme avec félicitations ! Grâce à mon projet que j'ai réussi à mener.
-Oui, hem, c'est bien, mais ça ne presse pas…
-Comment ça ?
-Et bien, tu as tout ton temps pour reprendre l'Orlith Corporated. Je l'ai fait prospérer plus que mes prédecesseurs, je pense que tu as tout le temps d'apprendre avec moi toutes les ficelles, pour éviter de tout gacher.
-Humpf, merci de ta confiance !
-Ahem, désolé, mais tu vois ce que je veux dire ? Enfin bref, ce qui m'interesse, c'est l'autre partie de tes responsabilités. Heu…
-Mais de quoi parles-tu, enfin ?
-Je parle de ton mariage, voilà !

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-Quel mariage ?? Je n'ai pas l'intention de me marier !
-Et bien, tu dois donner un héritier à la lignée, pour assurer l'avenir. Or, je n'ai pas l'impression que tu aies de petit ami…
-Ce n'est pas quelque chose dont je souhaite parler avec toi.
-Ah oui ? Et bien moi je veux en parler ! Tu dois trouver un père pour les futurs héritiers des Orlithe ! Et si tu n'as personne, ne te fais pas de souçis, j'ai trouvé des prétendants qui t'iront très bien !
-Mais qu'est-ce que tu en sais, enfin ! Je ne veux pas parler de ma vie amoureuse, mais sache que je n'ai pas l'intention de me marier ! Si tu veux des héritiers, je pourrais toujours en adopter.
-Ah non ! Il faut que le sang de Grand-Mère Moreta coule dans ses veines ! Je te préviens, trouve toi un mari, ou c'est moi qui t'en trouves un !
-Et comment tu comptes me forcer, exactement ?
-J'ai plus les moyens que tu croies… J'ai le bras long, je peux pourrir la vie de pas mal de tes amis, à commencer par Brekke, s'il le faut"
Hors d'elle, Mirrim bondit du canapé et sortit de la pièce en hurlant "Tu es ignoble !!" à son père.
Resté seul, celui-ci se releva péniblement et marmonna pour lui-même :
"Pense bien ce que tu veux. L'essentiel, c'est le rejeton…"

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Après ça, Mirrim fulminait. Elle laissa passer quelques jours à réfléchir et se rendit à l'évidence : elle ne voulait pas que d'autres souffrent à cause d'elle. Il lui fallait un mari ? Et bien elle en trouverait un. De toute façon, ce ne pourrait être Alain, alors... Après mure réflexion, elle prit son carnet d'adresse, et appela Paco. En quelques mots, elle lui proposa de venir habiter chez elle. Ni une ni deux, Paco fit ses bagages et rappliqua.
Curieusement enjouée, Mirrim fit les présentations dès que Paco eut franchi le seuil de la porte.
-Jancis, je te présente mon nouveau copain, Paco.
-Aaaaaaaaaaaaah ! Paco ! Enchanté mon garçon ! Soyez le bienvenu chez nous ! Mirrim, ma chérie, je n'aime pas beaucoup quand tu m'appelles Jancis. Appelle moi papa.
-….
-Hum, bref, reprit Jancis. Alors, Paco, il parait que vous venez de finir vos études ?
-Tout à fait monsieur.
-Bon, fit Mirrim, je vous laisse faire connaissance, je monte."

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Peu de temps après, Paco rejoint Mirrim dans leur future chambre. Mirrim l'invita à s'allonger pour discuter.
Elle fut on ne peut plus franche avec lui. Son cœur était pris par un amour impossible, et son père voulait la marier de force. Elle préférait donc s'unir avec quelqu'un pour qui elle avait au moins de l'affection plutôt que de se retrouver avec quelqu'un qu'elle ne connaîtrait peut être même pas.
"Tu es en train de me dire que tu n'es pas amoureuse, Mirrim, non ?
-En quelque sorte. Je ne veux pas te mentir, je ne veux pas t'embarquer là dedans malhonnêtement.
-C'est bien. Pour ma part, je suis un scientifique, tu sais. Et ce côté scientifique me pousserait à partir en courant. Mais parfois, il faut savoir écouter son cœur. Je suis amoureux de toi depuis que je t'ai vu. Je serai idiot de refuser.
-Mais… ça ne te dérange pas que je ne sois pas amoureuse ?
-Pas tant que tu me respectes et que tu me dis toujours la vérité. Et pour tout t'avouer, je pense que ces choses là peuvent venir avec le temps. Tu finiras peut-être par l'oublier, ton amour impossible."

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Et pendant que les deux futurs époux faisait le point sur leur future vie sentimentale, Brekke avait compris le fin mot de l'histoire et se marrait comme une baleine.
"Et bien ma petite fille ? lui demanda sa mère, pourquoi tu ris comme ça ?
-Hi hi hi ! Et bien Paco !
-Quoi Paco ?
-Hi hi hi ! Mirrim ne l'a pas choisi pour rien ! C'est un sim-nu !
-Quoi ? Tu veux dire ces mecs qui se baladent tout le temps à poil ?
-Ouiiiiiiii ! Hi hi hi ! C'est Jancis qui va mourir de honte !
-Roh là là… Ecoute, ne dis rien tout de suite, Mirrim a déjà peu de choix, on ne va pas lui contrarier celui là. Jancis aura bien eu le temps de l'accepter avant de s'apercevoir de ce qui se passe…

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Pour finaliser son plan, Mirrim devait tomber rapidement enceinte. Elle commença déjà par se fiancer rapidement avec Paco, histoire de montrer sa bonne volonté à Jancis. Et puis, puisqu'elle ne pouvait avoir Alain, elle pouvait au moins se consoler en ayant des enfants avec Paco, qui était aux petits soins pour elle…

Quant à tomber enceinte… Vous voyez vous-même… Visiblement, ça a rapidement fonctionné. Jancis serait aux anges…

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…s'il ne s'était aperçu que Paco passait la majeure partie de son temps dévêtu. Sauf pour bosser, bien sûr, mais le reste du temps…

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…TOUT le reste du temps, il le passait nu. Chose déconcertante pour Jancis, le reste de la famille s'appliquait soigneusement à ne pas paraître choqué, façon silencieuse de soutenir Mirrim. Paco, parfaitement à l'aise, ne se rendait compte de rien, et partageait sa vie entre : être nu, apprendre de nouvelles choses et s'occuper de sa future femme qui devenait de plus en plus enceinte.
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Et enfin, ce fut le moment. Le moment où Jancis, plus perplexe que jamais, renonça à s'opposer à cette curieuse union. Car la cinquième génération venait de voir le jour. Mirrim, aussi svelte que jamais, revint à la maison après quelques jours de maternité, et présenta la première née de cette génération : Faranth

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05 octobre 2005

Suite de l'arrivée de la 5e génération...

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Et regardez un peu s'il n'est pas gâteux, le grand-père !! Au grand bonheur de Meer et Léo, Jancis a rangé sa paranoïa galopante (mis à part pour ce qui est de laisser l'entreprise à Mirrim) pour faire dans le papy gâteau… Lui qui n'avait pas spécialement pris soin de sa propre fille rattrapait ces actes qu'il n'avait pas eus, et on le voyait toujours en première ligne pour donner le biberon, ou encore changer la couche…

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Pas forcément pour le plus grand plaisir de Mirrim d'ailleurs… Personne n'a pu constater d'actes ou de paroles aigries ou jalouses, mais… la question flotte… Après tout, son père donne à Faranth une attention qu'elle-même n'a pas connu, et de plus, après avoir fait une croix sur son amour interdit, elle avait clairement affirmé son intention de se consacrer à sa famille. Intention compromise par l'attention très prenante de Jancis pour Faranth.

Alors, elle s'occupe les mains, histoire de, je pense, éviter de trop réfléchir à tout ça. Remarquez, ça tombe plutôt bien, les appareils de la maison se sont donnés le mot, semble-t-il, car tout l'électroménager, la hi-fi et l'informatique répandent une nauséabonde odeur de cramé un peu partout.

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Paco, lui, il trouve d'autres façons de s'occuper… Après tout, côté physique, il ne se trouve pas assez… heu… trop… pfff, je sais pas moi, les gens ne sont jamais contents, c'est super pénible ! Enfin bref, il se la joue un peu à la Léo, à qui il ressemble beaucoup : profil bas, on ne se fâche pas avec le mâle dominant de la meute, alors on fait du yoga. Tout nu, oui, pourquoi ? Vous n'avez pas encore l'habitude ? Il passe son temps à poil, tout le monde s'y est fait, va falloir s'y mettre, aussi !

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Et avec tout ça, vous le croirez ou pas, ils ont failli oublier l'anniversaire de la petite. Les parents étaient si attentifs à éviter de croiser Jancis collé sur leur Faranth, et Jancis, conscient du malaise, avait un peu décollé la petite.

Conclusion, c'est Brekke qui, à point d'heure, s'est aperçu de l'oubli et s'est précipité vers Faranth en marmonnant contre "toute cette famille à moitié irresponsable qui en oubliait les bébés".

"Non mais c'est pas croyable ça, tantôt ils sont collés dessus à l'en étouffer, tantôt y'a plus personne et la petite hurle par terre… C'est pas croyable, ça, il va quand même falloir qu'ils se mettent d'accord sur qui prend soin de cette gamine… groumpf"

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Et malheureusement, c'est le cycle de la vie… Un nouvel être grandit et s'épanouit, et les anciens nous quittent. Et c'est Léo qui est parti le premier. Après une vie pleine et riche de science, Léo est parti serein. Après tout, comme dirait l'autre, la mort n'est qu'une grande aventure de plus.

Nous, habitants du cimetière, c'est sûr, on est bien d'accord (quoi que…), mais du point de vue des vivants, ça reste la même chose : une immense tristesse. Brekke n'était pas encore rentrée du boulot lorsque ça c'est produit, mais Mirrim, qui considérait Léo presque comme un père, et surtout Meer, qui avait toujours vécu avec passion son amour pour cet homme de science, ont largement pleuré pour trois.

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Ma pauvre petite Meer ! Et elle a pleuré, mais elle a pleuré ! Depuis le décès de son tendre époux Léo, tout la maisonnée s'inquiète : elle n'arrive pas à mener ses activités journalière : au bout de 5 minutes à peine, la voilà qui s'effondre et hurle sa douleur. Elle n'a même plus son boulot pour s'occuper : après avoir été une star du grand écran, elle s'était reconvertie dans la réalisation et la production, et avait même sorti plusieurs films à succès. Malheureusement, elle avait voulu profiter de la vie et prendre une retraite bien méritée aux côtés de son époux ; elle s'était donc retirée du monde du strass et des paillettes. La voilà bien en peine, maintenant, plus rien en paraît la consoler…

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Et pourtant… certains essayèrent… In-cro-ya-ble, mais vrai, Jancis a pris peine de sa petite sœur. Réminiscence d'une enfance heureuse ? Souvenir d'une complicité universitaire ? Cerveau définitivement dérangé ? Besoin de faire le point sur sa vie (car lui-même n'est plus très jeune !) ? Personne ne sait, mais le fait est que Jancis n'a eu de cesse de tenter de consoler Meer, et d'être très proche d'elle. 'Me demande si, en fin de compte, ça n'est pas simplement parce que Jancis n'aimait pas Léo qu'il s'était éloigné de Meer. Allez savoir, pour être sûr, il faudra attendre qu'il nous rejoigne au cimetière….

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Mais rien, pas même l'attention de sa fille, de sa nièce, de son grand frère… Rien n'y fit. L'amour de Meer et de Léo n'avait pas été exubérant et démonstratif, mais il était profond, très profond. Ça arrive parfois, dans un couple, si l'un part, l'autre le suit parfois de près. Ça ne m'étonne guère, on sentait cette petite bien trop malheureuse.

Toute la famille en a pleuré (si, si, Paco aussi, mais la photo avec Paco pleurant tout nu avait un je-ne-sais-quoi d'indécent…), et Mirrim est même passée à un cheveu très fin du psy. Son amour abandonné, plus la mort de ceux qu'elle avait appris à aimer comme des parents depuis son jeune âge… c'est pas passé loin… Malgré son propre désarroi, Brekke s'est à nouveau mise aux petits soins pour sa cousine pour combler ses plus petits plaisirs afin de remonter son moral avant que le psy ne débarque…

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Et regardez ça, tous ces deuils l'ont fait craquer, et elle a rompu la promesse qu'elle s'était faite de ne jamais tenter de revoir Alain. Elle se rendit à la Maison du Marais, où Alain s'était installé au décès de sa maman, lorsqu'il était revenu du campus. Elle sonna, mais… personne… Alors que le soleil déclinait tout doucement, elle fit le tour de la maison sur pilotis, et trouva Alain assis dans l'herbe. Il leva la tête vers elle, et dit, doucement, d'un ton ému et surpris :

"Bonjour, ma belle.
-Bonjour Alain".
Un silence gêné s'écoula. Alain en profita pour se relever et frotta son pantalon en s'expliquant :
"Je faisais du jardinage… Ce jardin a été laissé à l'abandon trop longtemps, je crois.
-C'est ce qui lui donnait son charme, non ?
-Oh, si on veut… Maman n'avait jamais aimé jardiner.
-J'ai su, pour ta maman. Je suis désolée pour toi, je sais combien tu l'aimais.
-Merci, tu es gentille. J'aurais souhaité que tu la connaisses mieux…
-Moi aussi, c'est ce que j'aurais voulu. Malheureusement, la mort ne fait pas de cadeau."
Mirrim s'interrompit brusquement : sa voix était chargée de sanglots. Alain la prit doucement par la main, et la mena à un banc au bord de l'eau

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"Mirrim, ma belle, moi aussi, j'ai su, pour Léo et Meer. Je suis navrée pour toi, et je comprends que tu sois venue chercher un peu de réconfort.
-Sniiiif sniiiiif… merci Alain, tu es toujours aussi… Hum, enfin, je n'ai pas trop envie d'en parler. C'est trop triste.
-Très bien. Comme tu veux. Puis-je te demander comment grandit Faranth ?
-Faranth ? Mais… mais… tu es au courant ???
-Bien sûr. Comment aurais-je pu ne pas le savoir ? Les gens parlent, tu sais. Par exemple, l'épicière m'a raconté comment Jancis t'a mis la pression pour que tu aies un mari et une descendance. La factrice m'a ensuite raconté comment Brekke se tordait de rire quand tu as annoncé ton choix. Mais, ajouta-t-il après un instant de réflexion, je ne sais plus qui m'a dit que tu étais maman. Par contre, je m'en souviens bien, c'est Menolly qui m'a annoncé la naissance et m'a dit quel nom tu avais choisi…
-Tu t'en es souvenu ?
-Bien sur, ma belle, comment aurais-je pu oublier quel nom nous avions choisi pour nos futurs enfants ?
-Je suis désolée… Je ne voulais pas, mais j'ai imaginé que peut-être, si elle s'appelait comme ça, tu serais plus proche de moi. J'espère que tu ne m'en veux pas…
-Comment aurais-je pu t'en vouloir ? J'ai ainsi su que je faisais toujours partie de ta vie."
Une larme coula sur le visage de Mirrim. Elle l'essuya distraitement et reprit :
-C'est vrai. Mais je n'ai pas la force de parler de ça non plus.
-Pas grave ! Viens, rentrons à l'intérieur, la nuit est vraiment tombée, je commence à avoir froid.

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-Un p'tit café ? Proposa Alain une fois qu'ils furent à l'intérieur.
-Avec plaisir, oui. Dis donc, fit Mirrim en tournant sur elle-même, ça a bien changé ici. Où sont passés les tables basses-cageot et les tabourets-billot de bois ?
-Ne te moque pas comme ça, sourit Alain. Le fait est qu'avec tout ça, Marc et moi avons de l'argent. Soit dit en passant, Marc a adopté votre patronyme, comme il en avait le droit. Il fait le fier, la branche dissidente de la famille Orlithe, Marc Orlithe !
-Et toi ? Tu l'as pris ?
-Non, je ne l'ai pas souhaité. Enfin bref, j'ai pu acheter tous les meubles que je voulais, à condition bien sûr que ça rentre dans cette bicoque.
-Tu n'as pas voulu acheter de plus grande maison ?
-Non, j'y suis attaché. Mes origines sont ici, je n'ai pas envie de les oublier, comme Marc.
-Pourquoi dis-tu ça ? Considère tu qu'il est honteux qu'il ait changé de nom ?
-Non, mais je suis un Lamy. Etre un Orlithe, ce serait… trop douloureux.

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-Hum, reprit Mirrim, visiblement gênée lorsqu'elle eut compris la pensée d'Alain. Et au fait, comment ça se passe, la succession ? Jancis n'a toujours pas entendu parler de vous.
-Tiens, c'est étonnant. J'ai reçu un héritage substantiel de mon père, et Marc aussi. J'aurais aimé m'occuper des Hippoposimus, en souvenir de mon… père, mais j'ai peur que Marc considère qu'il a bien plus la fibre commerciale que moi. Ce qui n'est pas faux, ajouta-t-il en riant !
-C'est étrange, Jancis n'a parlé de rien… Il l'a forcément vu pourtant. Remarque, il me tient à l'écart de l'Orlithe Corporated autant qu'il le peut. Il n'est pas près de lâcher les rênes, celui-là, et le jour où ça arrivera, je ne saurai presque rien.
-Tu devrais peut-être en parler avec lui, je pense. En tout cas, ce qui me paraît le plus étrange, c'est qu'Alain n'ait fait aucune démarche. Il ne va certainement pas passer à côté de son héritage. Je lui poserai la question, un de ces jours.
-Mouais… On verra bien."
Après un instant, Mirrim rajouta :
"Je vais y aller, je pense, il est tard, et j'ignore si la nounou a entendu les horaires. Sourde comme un pot, celle-là.
-Oh, attends 5 minutes ! La maison est si petite, tu n'as pas vu comme j'ai relooké l'étage."
L'étage, ça veut dire la chambre. Mirrim sait qu'elle devrait dire non, mais… les émotions de ces jours-ci furent tellement pénibles…
"Allons-y, mais vite, hein !"

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"'Et bien, effectivement, ça a changé, ici ! Tu as vraiment tout modifié, s'exclama Mirrim en faisant le tour de la pièce.
-Oui, c'est un mélange moderne-rustique un peu brutal pour certains, mais moi, je trouve que ça donne un côté cosy à ma pièce.
-C'est vrai, c'est vrai, murmura Mirrim en s'aventurant à s'asseoir sur le lit. Elle surveillait Alain du coin de l'œil, mais celui-ci choisit de s'installer dans son fauteuil de bureau.
-Tiens, c'est une photo de tonton Sebell, sur ta table de nuit !
-Oui, Maman la contemplait tous les soirs avant de dormir. A croire que nous autres les Lamy, sommes des amoureux maudits des Orlithe !"
Sans laisser à Mirrim le temps de relever le mot "amoureux", il embraya :
-Et au mur, tu reconnais ?
-Le poster au mur ? Mais… mais, ne serait-ce pas Meer dans un de ses tout premier grand rôle ?
-Si, tu l'as bien reconnu ! Maman était fan, et comme j'ai toujours apprécié Meer, j'ai gardé l'affiche…"
Alain contempla pensivement l'affiche au mur et tourna brutalement la tête lorsqu'il entendit un sanglot.

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"Mirrim ! Pardonne-moi !" Alain se leva brusquement et courut prendre Meer dans ses bras.
"Je suis vraiment navré, je suis là à te parler de Meer comme ça et toi… toi… tu es si triste !
-Sniiiif… Ce n'est pas de ta faute, Alain… sniiiiiiifffff. J'ai juste l'impression que – snif snif – depuis que nous avons été forcés de nous séparer, -SNIF SNIF -, je ne fais que pleurer. Tu étais l'homme de ma vie, j'ai eu 100 fois la sensation de te tromper avec Paco –Snif snif – même s'il est gentil, mais je ne suis pas amoureuse –snif snif –"
Mirrim continua. Elle avait besoin de vider son sac, et elle le vida, d'une voix hachée, sanglotante, mais elle le vida :
"Tu comprends, sans toi, il n'y avait que ma famille pour me soutenir, et ma famille, c'était surtout Meer et Brekke –snif snif - bien sûr, maintenant j'ai Faranth, mais que je tourne les choses comme je les tourne, tu n'es pas dans ma vie et je ne le supporte pas –snif snif – maintenant que j'ai perdu deux piliers familiaux –snif snif – le vide dans ma vie est devenu immense ! Seule Faranth me donne l'impression que je suis quelqu'un… -snif snif- je pourrais aussi avoir l'entreprise pour m'abrutir de travail mais Jancis ne me la laisse pas –snif snif-"

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Alain la laissa sangloter sur son épaule, le temps d'être sûr que Mirrim avait fini. Tout doucement, il la redressa, pour pouvoir lui parler face à face. Tendrement, il caressa sa joue, tout en la regardant intensément. A lui aussi, les larmes lui brûlaient les yeux.
"Mirrim, ma belle, ma douce, mon amour… Ces mots me transpercent le cœur. J'espérais que toi, au moins, tu avais réussi à faire une croix sur nous deux, et que tu construirais ta vie avec Paco. Maintenant que je vois qu'il n'en est rien, je n'ai qu'une chose à te dire : jamais tu n'as quitté mes pensées, jamais mon regard n'a été détourné par quelqu'un d'autre. Je vis ici comme un ermite en me consumant pour toi"
Alain se rapprocha de Mirrim et prit son visage entre ses deux mains :
"Mirrim, je t'aime, comme lorsqu'on s'est connu, il y a déjà 10 ans. Je n'en peux plus et toi non plus. Bravons cet interdit, nous pouvons vivre discrètement... "
En disant cela, son visage s'était rapproché de celui de Mirrim. Seuls quelques centimètres les séparaient. Alain continua de s'approcher, jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent. Mirrim se dégagea alors violemment, et les larmes coulant à nouveau à flot sur son visage, elle s'exclama :
"Je ne peux pas ! Je ne peux pas être malhonnête avec tout le monde, je ne peux pas abandonner ma fille! Je ne peux pas braver cet interdit qui s'est installé entre nous ! C'est toi qui as dit que c'était MAL !
"Mais Mirrim… On peut y réfléchir !!"
Trop tard. Mirrim était partie en courant.

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Lorsqu'elle rentra, la maison était vide, à part la nounou qui ronflait à côté du berceau de la petite. Mirrim laissa un mot dans la cuisine parlant de migraine et s'enferma dans sa chambre en claquant la porte suffisamment fort pour réveiller la nounou. Les jours passèrent, Mirrim s'occupait essentiellement de sa fille, et avait forcé Jancis a la laisser prendre certaines branches de l'entreprise en main.

Prise entre ces deux tâches très prenantes, elle pouvait essayer d'arrêter de penser. Elle regardait sa petite Faranth grandir et faire ses premiers pas d'un air attendri. Mais certaines nuits, celles que Paco passaient sur le balcon à cartographier le ciel (comme si Léo ne l'avait pas fait, depuis le temps !), une Brekke inquiète pouvait entendre des sanglots à travers la porte de la chambre.

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Et pauvre Mirrim, si elle avait su !! Après des années d'enfermement, la raison de Karène n'était plus ce qu'elle avait pu être. C'était devenu une vieille femme vivant dans les ordures et discutant avec les cafards. Une nuit, en faisant un semblant de cuisine (Jancis s'était occupé de tout, y compris de l'approvisionnement. Avant qu'elle se fasse virer, il l'avait même forcée prendre sa retraite et empochait sans complexes sa pension confortable), elle s'était endormie debout. Bizarre, je sais, mais elle n'avait pas vu de médecin depuis longtemps. Il y avait peut être une mouche tsé tsé dans le lot… Et toute sa prison brûla, en temps record. Le temps que les pompiers arrivent, toute la structure était effondrée. Oh, ils retrouvèrent bien de curieux ossements dans les cendres, mais comme personne ne put dire si quelqu'un vivait là, l'enquête conclut à la mort d'un sans abri qui se serait réfugié dans cette cabane. Humpf, en voilà un qui s'en tire bien !!!

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Et tiens, regardez donc qui se pointe enfin à la maison. C'est Jacques qui rodait dehors qui m'a appelé et on s'est tassé derrière la fenêtre pour espionner. Alors, qu'est-ce qu'il nous veut, ce morpion ? Quoi ? Hum, mais non Sebell, je n'insultais pas tes rejetons. Ah mais tu restes ?
-Ben oui maman, je voudrais bien voir comment mon rejeton s'en sort avec celui de Robinton…

 
-Merci de m'avoir reçu Mr Orlithe
-Mais je vous en prie. Pouvez-vous enfin me dire à qui j'ai l'honneur ? Je vous rappelle que vous ne m'avez toujours pas donné votre nom.
-Avec plaisir. Je suis Mr Orlithe. Mr Marc Orlithe"

Oooh ! Jancis a changé de couleur ! Il est tout verdâtre ! Eh, va pas falloir lui faire faire une attaque, quand même !

-Qu… Quoi ? Heu, je vous demande pardon ? Les seules personnes portant le nom d'Orlithe, je les connais.
-On dirait que non, Jancis. Je peux vous appeler Jancis, n'est-ce pas ? Après tout, nous sommes de la même famille.
-Mais de quoi parlez vous, à la fin !
-Et bien, j'ai dans ces documents des attestations de l'exécuteur testamentaire de mon père, Sebell Orlith.
-QUOI ??!!
-Et oui, votre oncle a eu deux enfants, mon frère et moi. Pour que nous ne vivions pas dans la misère, il nous a autorisé à porter le nom d'Orlithe à nos majorités, et de là, à accéder aux privilèges des héritiers Orlithe. Vous aurez d'ailleurs peut-être constaté qu'une partie de notre héritage nous a été automatiquement versé par vos banques.

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-C'était donc cela. Je ne voulais pas que Mirrim voie ça. Ces importants retraits vers des comptes anonymes. Je n'avais pas réussi à comprendre…
-Tout s'éclaire, s'exclama gaiement Marc ! Nous avons touché des sommes d'argent conséquentes qui nous revenaient de plein droit en tant qu'héritiers. Mon frère ne désire pas grand-chose, j'ai presque du le forcer à accepter l'argent, mais moi, je souhaite un siège au conseil d'administration. Avouez que c'est sympa, je pourrais tenter de doubler Mirrim, mais je n'en ferai rien.
-Pourquoi ?
-J'ai mes raisons, elles sont personnelles. Ensuite, je suis en droit de réclamer la gestion des Hippoposimus, ainsi que le souhaitait mon cher papa. Par voie de conséquent, je la réclame. Sebell a souhaité que les Hippoposimus reste dans SA branche de la famille, je vais m'empresser de l'exaucer.
Un silence suivit cette dernière déclaration
-Oui ? Qu'attendez-vous de moi, en clair ?
-En clair, cher tonton Jancis, vous signez les papiers que je vous ai amenés, qui, grosso modo, me donnent les droits que je vous ai réclamés. N'essayez pas de résister, légalement, Sebell a fait un dossier en béton, et je peux vous attaquer si vous n'obtempérez pas.
-Inutile de parler immédiatement d'attaque. Voulez-vous me laisser tous ces papiers, plutôt que d'essayer de me les faire signer sans les lire ? J'ai un délai légal pour lire ce genre de chose avec mes avocats."
Un air contrarié passa sur le visage de Marc, mais il tendit les documents à Jancis.
"Très bien, je vous laisse les lire. Je reprendrai contact avec vous. Sur ce, je ne pense pas que vous ayez d'émouvants souvenirs de famille à partager avec moi, aussi, je vous souhaite le bonsoir."
Et ni une ni deux, il tourna les talons et quitta la maison.

 
Ben ça alors ! Il est doué mon fils, quand même, plus que moi !

Mouais, Sebell, mon chéri, j'espère que toute cette histoire ne va pas encore nous mettre le souk…

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01 novembre 2005

Que devient Menolly ?

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Jancis médita cette réunion un certain temps. Son obstination à empêcher Mirrim de se mêler des affaires de l'Orlithe Corporated provenait bien de disparition de fonds inexplicables (bon d'accord, beaucoup d'orgueil aussi). Mais il réfléchit, réfléchit et re-réfléchit et finit par se dire que mettre Mirrim au courant était une bonne chose. Bon, étant donné que cette réflexion fut nocturne, il dut tirer Mirrim de son sommeil pour lui en parler, mais une fois qu'elle fut bien réveillée, il eut sa pleine attention et lui raconta donc toute l'histoire. Mirrim l'écouta jusqu'au bout puis ils discutèrent.

"Je suis contente que tu te sois enfin décidé à me faire confiance, Jancis. Ça vient un peu tard, mais bon, on fera avec.

(Ah tiens, il ne relève même plus lorsque elle l'appelle Jancis et non papa… Les temps changent !)

-Oui, désolé, j'espère que tu me comprends…

-Certainement plus que tu ne le crois, Jancis. Enfin bon, pour en revenir à nos moutons, ce qui me surprend le plus, c'est le temps qu'Alain a attendu avant de se manifester.

-Cela m'a également paru étrange, mais je ne m'en suis pas occupé outre mesure étant donné qu'il y a plus grave !

-Il y a plus grave, il y a plus grave ! Regarde la situation en face ! Alain et lui sont réellement les fils de Sebell (*et elle en sait quelque chose*), ils ont droit autant que Brekke et moi, ou même Faranth, à réclamer leur part d'héritage, après tout !

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-Mouais mouais. Je t'avoue que je n'aime pas beaucoup ta façon de voir les choses.

-Peut-être, mais admets que c'est la vérité… Tu ne les connais même pas, mais Brekke et moi si, ils ont grandi dans la pauvreté, ils n'ont guère été gâtés, ils méritent d'avoir quelque chose.

-Mouaif… Et tu en penses quoi ?

-Je te l'ai dit, je les connais. Je pense que Marc peut être potentiellement aigri et méchant. A mon sens, il vaut mieux composer avec lui et lui offir ce qu'il veut, sans non plus tout lui donner, plutôt que de tenter de s'opposer de front. Je n'ai pas examiné les documents qu'il t'a laissés, mais je suppose que côté exéctueur testamentaire, c'est béton.

 
Jancis pencha la tête en avant et réfléchit un long moment. Finalement, il la releva et planta ses yeux dans ceux de sa fille.

-Mirrim, je me demande si je ne commence pas à être un peu "has been". Ma génération ne voit pas les choses comme la votre. Je pense que je devrais te laisser mener ces négociations.

 
Mirrim et Jancis, enfin, tombèrent dans les bras l'un de l'autres.

 
Les jours qui suivirent, il s'avéra que Jancis, petit à petit, lachait de plus en plus la bride sur le cou de Mirrim, au grand bonheur de celle-ci qui put s'abrutir à loisir de travail.

Et Menolly ?

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Et pendant ce temps là, que devient notre Menolly me demanderez-vous ? Et bien, depuis qu'elle a appris le décès de Meer, sa santé a commencé à se détériorer à une vitesse affolante, malgré tous ses traitements. De nouveau, la dépression la guette, et elle se sent seule dans la somptueuse demeure qu'elle s'est fait construire avec la part de l'héritage qu'elle a pris en partant.

Alors elle traîne. Depuis que nous sommes arrivés, Ruatho ne fait que grandir et la ville possède un vrai centre-ville avec ses boutiques… et ses bars. Cela dit, je suis bien contente de la suivre et de sortir un peu de cette grande maison là-bas. Ça me change un peu l'air vous comprenez…

 
Donc, nous avons constaté que Menolly passe beaucoup, surement beaucoup trop, de temps dans un bar justement nommé "Le troquet du coin"

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Et là voilà. Pauvre hère qui rêve de ses amours passées au comptoir sale d'un bar tout aussi sale. Comme elle a l'ai d'avoir vieilli ! Alors qu'elle a encore l'âge d'être mère, la plupart de ses cheveux sont devenus blancs. Notez, ça pourrait s'arranger avec une coloration, mais j'ai comme l'impression que globalement, elle se laisse aller…

Si on allait voir ce qu'il se passe sous ce casque blanc…

 

"Pfeu… aucun garçon à l'horizon, rien de potable en tout cas, c'est pas ce faux blond qui tient le bar qui va m'interesser, de toute façon, il a tellement l'air de s'ennuyer…"

Menolly baissa la tête et contempla le fond de son verre. Délicatement, une larme glissa le long de sa joue pour tomber dans son alcool fort.

"De toute façon, je ne peux plus séduire personne. J'ai maigri, mon visage est ridé avant l'age, qui s'interessera à moi ?"

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Les larmes semblant vouloir submerger le barrage, Menolly reposa son verre et fila vers les toilettes. Elle s'approcha du miroir pour constater les dégats.

-Bravo, tu as les yeux rouges maintenant ! Pfeu, pour ce que ça fait, de toutes façons… Je me retrouve seule dans ce bar miteux avec ses toilettes toutes aussi miteuses, à "chasser" ! Déjà, il n'y a personne de séduisant dans les parages, et puis alors, avec la tête que tu as… Tu es pitoyable… et en plus, tu parles toute seule…

 
Menolly se rinça le visage, et sortit. Habituée des lieux, elle savait qu'il y avait une salle de jeu plus ou moins clandestine dans l'arrière salle. D'habitude elle n'y mettait pas les pieds, mais vu que le bar lui-même est désert, pourquoi ne pas y aller…

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Mais à peine entrée dans la salle de jeu, elle s'arrêta. A la table, de dos, elle venait de reconnaître Mirrim. Mais que faisait-elle ici ? Et ne serait-ce pas ce fameux Alain Lamy avec elle…

Menolly preféra rebrousser discrètement chemin avant que Mirrim ne la remarque. Les affaires de l'Orlithe Corporated ne la regardent plus, après tout. Elle ne se sentait pas le droit de demander les raisons de sa présence dans un endroit si douteux à l'héritère de la compagnie.

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Menolly, sans espoir de trouver un compagnon, rentra donc chez elle. Quelle ne fut pas sa surprise de voir, le lendemain, Mirrim qui sonnait à sa porte !

"Humpf, pensa-t-elle en ouvrant la porte, je me demande si ele ne vient pas me demander de ne rien dire sur ce que j'ai vu hier soir…"

-Bonjour Mirrim

-Bonjour tata Nolly…

-Que me vaut ta visite si inattendue ?

-Et bien, je voulais prendre de tes nouvelles. Voici longtemps que tu as quitté la maison, et on ne t'y voit plus.

-Oublierais-tu ma visite pour la naissance de Faranth ?

-Non, dit Mirrim avec un sourire, bien sur que non. Et je n'oublie pas non plus le cadeau que tu lui as fait."

Les deux femmes entrèrent dans le hall et s'installèrent. Mirrim reprit :

-Mais nous n'avons pas pu discuter, l'atmosphère dans cette maison était beaucoup trop chargée. Sérieusement, comment vas-tu ?

-Je pense que tu peux le voir sur mon visage, comment je vais, Mirrim, mais c'est gentil de t'en soucier. Cependant, ce n'est pas un sujet sur lequel j'ai envie de m'étendre. Puis-je te faire visiter cette maison que j'ai fais construire ? J'ai suivi les plans très avisés d'une architecte renommée et elle est très belle.

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Les deux femmes montèrent à l'étage. Mirrim ne tarissait pas d'éloges sur l'escalier de Menolly, qui était la pièce maîtresse du hall.

-Oui, dès que j'ai vu ce que cette architecte me proposait, j'ai su qu'il me fallait un escalier comme ça. C'est majestueux, et je lui trouve un côté tellement romantique… Derrière ces portes, il y a ma chambre et la salle d'eau, mais je préfère ne pas y rentrer. Elle est associée à des mauvais souvenirs de jours plus fastes pour moi, et j'ai tendance à la déserter.

-Mais où dors-tu ?

-Oh, pour ça, il y a largement assez de sofa en bas… Viens, redescendons plutôt, j'ai une terrasse couverte qui vaut le coup d'œil.

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Mirrim et Menolly s'installèrent donc sous cette terrasse fort agréable, qui servait également d'atelier de peinture à Menolly. Mirrim avait un air grave sur le visage, et comme Menolly s'en inquiétait, elle lui répondit :

-Te souviens-tu de Marc et Alain Lamy ?

-Oui, je crois que Marc était le petit ami de Brekke…

-En effet. Et Alain fut le mien.

Subitement, Mirrim avait envie de parler. Elle vida donc tout son sac, et mit à nu son histoire d'amour inachevée avec Alain, pendant que Menolly l'écoutait attentivement. Losqu'elle eut fini, celle-ci lui demanda d'une voix douce :

"Je suis contente que tu me fasses suffisemment confiance pour me dire tout ça, mais qu'attends-tu de moi exactement ?

-Et bien, j'ai entendu dire que… heu… tu… Hum… t'y connais en amour. Je ne sais pas quoi faire.

-Cela, toi seule peux le décider. En fin de compte, je n'y connais pas grand-chose en amour véritable… Le seul conseil que je peux te donner, qui provient de ma triste expérience, c'est : pense à toi. Ne vis pas pour les autres ou ce qu'ils diront, mais vis pour toi.

-Je ne peux pas, j'ai Faranth…

-Alors choisis cette voie. Vis ta vie de mère à fond, elle pourra te rendre heureuse, aussi.

-Merci Nolly, ça m'a soulagé de discuter avec toi, je pense que je vais rentrer plus sereine.

 
Alors que Mirrim s'éloignait, Menolly la suivit des yeux. Elle resta longtemps assise sous sa terrasse, à réfléchir à ce qu'elles s'étaient dit. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle repensa aux jumeaux, et qu'elle se dit que, finalement, Sebell avait fini par avoir sa revanche sur Robinton.

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05 novembre 2005

Que devient Menolly ? (2)

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Mirrim, ses pensées se bousculant dans sa tête, se hâta de revenir chez elle. Faranth n'allait pas tarder à revenir de l'école, et il fallait qu'elle soit là pour lui préparer son goûter. Ces choses là se produisaient si rarement depuis que ses responsabilités au sein de l'Orlithe avaient explosé qu'elle tenait à ne manquer aucune occasion.

Mais la petite Faranth ne vit jamais son goûter ce jour là. Mirrim arriva juste à temps pour voir son père s'effondrer sur le trottoir devant chez eux. Elle courut, le prit dans ses bras, tenta désespérément de le ranimer, mais, rien n'y fit… Le vieux squelette grimaçant avait encore gagné, et nous avait amené un descendant de plus dans le cimetière familial. Nous, c'est sûr, ça nous dérange pas trop encore, on se tasse un peu et puis voilà, mais la famille, en général… Je dis en général, car on ne peut pas dire que Jancis fut très apprécié. Oh, il y eut bien quelques reniflements de ci, de là, mais rien de bien méchant…

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Il n'y a que Faranth qui a vraiment été perturbée. Ah, les enfants, à cet âge là, c'est pas facile, de leur expliquer ces choses là. Elle l'aimait, son papy qui s'était tant occupé d'elle. Alors souvent, comme sa mère partait travailler tôt, elle rejoignait son papa Paco au lit, et lui posait des questions. Bien sûr, Paco dormait souvent pendant ces séances, car elle omettait de le réveiller, mais ça la soulageait un peu, au moins.

-Papa, maman m'a dit que papy était parti et ne reviendrai plus. Est-ce que tu crois que c'est comme le chat de ma nounou ? Elle m'a raconté qu'il était vieux et malade et qu'il ne serait plus jamais là. Mais papy, bon, il était un peu vieux, mais sûrement pas malade ! A moins que… j'ai entendu maman et tata Brekke discuter d'une de mes grand-tantes qui est malade, mais que ça ne se voyait pas jusqu'à il n'y a pas si longtemps. On en revient toujours au même point, papy, il avait l'air d'aller bien quand je suis partie à l'école ce jour là ! Voyons, que m'a dit maman ? Son cœur était fatigué. Et des fois, tata Brekke disait qu'il avait un cœur de pierre. Mais je savais pas que la pierre, ça se fatigue moi ! Pfiou… Je comprends vraiment pas tout ça. Mais j'aimerais bien revoir mon papy, ça c'est sûr

-RRrrrronnnn… Fllzzzzzzz

-Papa ! Je réfléchis !

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Trop préoccupée par son sort pour se soucier du décès de son cousin (et puis après tout, c'est pas pour les instants complices qu'ils avaient partagés… Il ne s'était pas battu pour la faire rester à la maison lorsqu'elle avait décidé d'en partir !), Menolly décida de tester un nouveau système matrimonial. Moyennant finance, une bonne femme sapée comme une voyante (non mais qu'est-ce qu'il ne font pas pour attirer les clients… Ils nous prennent pour des débiles ou quoi ?) vous propose un "blind date". In french in the text, c'est tout simplement un rendez-vous. Si on lui donne beaucoup de sous, elle lit attentivement ses fiches pour vous trouver ce qui vous correspond, si on en donne peu, elle la tire au hasard. C'est la loi de l'offre et la demande, que voulez-vous !

Bon, tant qu'à essayer, autant bien essayer. Menolly lui donna la plus forte somme envisageable, et attendit.

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Et que lui tomba-t-il du ciel ? Joachim Bazin, cuisinier de son état dans sa gargote favorite. D'habitude, impossible de lui caser un mot, il renvoie bouler tout le monde, occupé qu'il est avec ses fourneaux ! Car ça n'est pas qu'elle n'avait pas essayé de l'approcher ! Joachim la reconnut instantanément, d'ailleurs. Il s'excusa de l'avoir ignorée, mais il avait une conscience professionnelle développée, lui dit-il.

Le rendez-vous se déroula au-delà des espérances de Menolly. Ils se revirent même de nombreuses fois dans les mois qui suivirent. Menolly, curieusement, semblait revivre aux côtés de Joachim, et recherchait constamment sa présence. Vint le jour où ils s'avouèrent qu'ils étaient amoureux, et où Menolly décida d'expérimenter une nouvelle façon de vivre : la vie à deux. Et oui, elle proposa à Joachim de vivre chez elle.

Le début fut chaotique. N'ayant vécu que des aventures sans lendemains, cette façon d'être la surprenait, mais la ravissait également. Elle en retrouva le chemin de sa chambre, qu'elle boudait tant quand Mirrim lui avait rendu visite…

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Et pendant que cette romance cristallisait doucement, que se passait-il ailleurs ? Alain recevait beaucoup de visites… Son frère passa quelques soirées chez lui, histoire de lui donner les dernières nouvelles de la "branche Sebell" de la famille.

-Bon, je t'ai apporté ta part des bénéfices des Hippoposimus. Jancis les avait un peu laissé aller, mais mes financiers ont solidement relancé l'affaire. On va même ouvrir 3 nouveaux restaurants dans le pays.
-Mmmhhh, très bien merci. Comment trouves-tu mes spaghettis ?
-Hein ? Euh, bien, bien ! Pour ce qui est la gestion de l'Orlithe Corporated, ils m'ont donné le siège que je voulais au conseil d'administration. Tu n'en veux toujours pas pour toi ?
-Qu'est-ce que j'en ferai ? Tu t'en occupes à la perfection, Marc, bien mieux que moi je ne le ferais…
-Oui, d'accord. Par contre, le changement de main depuis la mort de Jancis fait traîner les choses en longueur. Ils ne m'ont toujours pas rendu les documents que je leur avais laissés à signer.

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-Et c'est grave ?
-Oh, pas complètement, mais j'aurais bien voulu que Mirrim me les signe. J'insisterai à la prochaine réunion du conseil.
-Marc, je te coupe, mais j'aurais voulu te parler d'un projet…
-Quoi ? Financier, tu te décides enfin ? Que puis-je pour toi ? Stock option, OPA…
-Non, ça n'est pas ça. C'est un projet personnel qui me tient à cœur depuis longtemps mais je voulais qu'on en parle
-Alain, j'ai de l'argent à aller gagner, je n'ai pas le temps. Tu n'as pas besoin de mon avis, t'as toujours été le meilleur pour les questions personnelles. Tu sais bien que je n'y connais rien ! Bon, j'y vais Tchao !
-Marc ! Attends… Oh, il a déjà filé…

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Alain mena donc son projet seul, sans en discuter avec son frère. De toute façon, il y avait lui-même réfléchit pendant longtemps, il était sûr de la justesse de son idée. C'est donc Mirrim qu'il invita lors de l'aboutissement de ce projet. Lorsque celle-ci arriva, elle resta dans l'encadrement de la porte, et dit, en guise de salut :

-Bonjour Alain. J'ai longuement hésité avant de venir te voir…
Alain se retourna brusquement et sut la raison de cette hésitation en remarquant les formes gravides du corps de Mirrim.
-Mirrim ! Ma douce, tu es à nouveau enceinte ? Quel bonheur pour toi !!!
Visiblement soulagée de cet accueil, Mirrim s'autorisa un sourire.
-Oui, j'ai décidé, à défaut d'autre chose, de vivre ma vie de mère à fond. Je voulais au moins un deuxième enfant, pour que Faranth soit moins seule…

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-Mais tu as eu bien raison ! Viens t'asseoir avec moi sur le canapé, il faut que je te parle !
Mirrim, interloquée, le suivit. Il avait sur le visage un air radieux inexplicable. Ça ne pouvait pas être sa grossesse qui le mettait dans cet état là ??
-Là, viens plus près de moi, voilà longtemps que nous ne nous sommes vus seuls. N'aie pas peur, je veux juste te parler, mais j'aime te sentir près de moi.
-Que justifie une telle joie ? Tu rayonnes littéralement !
-Et bien vois-tu, c'est une drôle de coïncidence. Je te demande de venir pour t'annoncer quelque chose d'important, et tu arrives enceinte… C'est incroyable !
-Veux-tu bien m'expliquer, maintenant ???
-Tout de suite. Tu vas voir de tes yeux voir, ma douce. CAPIAM !!! cria-t-il

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Des bruits de pas dévalèrent l'escalier extérieur, et un petit garçon passa timidement le bout de son nez par la porte d'entrée.

-Viens par là, Capiam, s'il te plait, que je te présente quelqu'un d'important !
-J'arrive papa !
PAPA ! Mirrim avait retenu l'exclamation de justesse, mais ses yeux ronds et sa bouche ouverte n'échappèrent pas à Alain. Il rit, et s'expliqua :
-Mirrim, je te présente Capiam, je viens officiellement de l'adopter.
-L'adopter ? Mais heu…je… heu… ne savais pas…
-Personne ne savait ! Voici des mois que je lui rends visite à l'orphelinat, et comme nous nous sommes bien entendus…
-Je… Heu… Heureuse de te connaître Capiam. Je suis une amie de ton papa.
-Oui Madame, bonjour, je sais, il m'a parlé de votre visite toute l'après midi ! Je peux remonter jouer papa, s'il te plait ?
-Bien sûr, mais tu viendras dire au revoir à Mirrim quand elle partira.
Les deux adultes regardèrent l'enfant s'éloigner. Alain reprit la parole :
-Tu vois la coïncidence ? Tu viens me dire que tu seras une mère, et moi je t'annonce que je fais le même chemin ! Je désirais tant avoir un enfant, mais je ne voulais le faire qu'avec toi…
-Oui… heu… Bon, tu m'excuseras, je ne veux pas paraître grossière, mais c'est une grosse nouvelle ! Je crois que je vais rentrer la digérer…
-D'accord… Bonsoir…

Silence

-Tu reviendras quand même ??
-Bien sûr Alain, bien sûr…

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Sidérée de l'annonce d'Alain, Mirrim retourna voir Menolly. Une autre surprise de taille l'attendait là-bas. Lorsqu'elle sonna, ce fut Joachim qui vint lui ouvrir, et qui l'amena jusqu'à une chambre médicalisée dans laquelle se reposait Menolly.

-Mirrim ! Je suis bien contente de te voir. Un peu de famille qui se déplace, c'est bien agréable !
-Merci Nolly, je suis contente de te voir aussi… Mais que t'arrive-t-il ? ça ne va pas ?
-Oh, des soucis de santé pour changer ! Mais aussi une bonne nouvelle… Je vois d'ailleurs que ta grossesse a l'air de bien se passer.
-Heu, oui… C'est sûr, le terme approche, mais la deuxième fois ça fait moins peur ! De quelle bonne nouvelle parles-tu ?
-Hé hé ! Tu sais que Joachim et moi nous aimons beaucoup ?
-Oui, ça je sais, il n'y a qu'à voir comme tu as changé depuis que tu le connais. Rien que ta coiffure, déjà, c'est bien mieux ! répondit Mirrim en riant.
-Oui, je sais, je sais, tu voudrais que je me les colore… Mais je n'y tiens pas. Bref, la bonne nouvelle, c'est que je vais être maman !
Ouf ! Heureusement, un siège n'était pas loin derrière, car les jambes de Mirrim se dérobèrent sous elle.
-Mais… heu… comment ?
-Ah, ça te surprend ? Je m'en doutais. Allez, viens, on va sortir de cet endroit affreux, j'ai envie de prendre l'air. On discutera dehors.

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Une fois installées à l'extérieur, Menolly reprit :
-Tu comprends, Joachim a tellement changé ma vie… J'ai ressenti le besoin d'être mère, et laisse moi te dire qu'il est temps ! Les médecins ne sont d'ailleurs pas contents, pour eux, cette grossesse est à risques multiples… Ils disent que ça n'est pas de mon age de faire des bébés ! pff…
-Mais heu… et, hum… comment dire ? Au niveau de ta santé, ça ne va pas poser problème ?
-Les temps ont changé Mirrim. Bien sûr, on ne peut toujours pas me guérir, mais la médecine actuelle m'offre un traitement qui empêche le bébé d'attraper mon virus. C'est d'ailleurs ce qui m'a décidé. Jamais je n'aurais fait ça si ça avait été pour mettre au monde un enfant malade !
-Ahhh, je comprends mieux… Et bien félicitations, alors !
-Merci, mais ça n'est pas fait ! Ma santé est fragile, c'est pourquoi on a médicalisé une pièce de la maison. Mais dans l'ensemble, je me sens bien, alors…
-Nolly, je suis vraiment, vraiment heureuse pour toi. Après tout ce que tu as vécu, tu mérites ton bonheur.
-Merci Mirrim, tu es bien gentille. Et toi, où en es-tu ? Je conclus de cette grossesse que tu as choisi d'être une maman ?

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-Tu as complètement raison, Nolly. D'autant que Paco n'est pas pénible… Il est si amoureux de moi !
-Et toi ?
-Moi ? Oh, j'ai beaucoup de tendresse pour lui, mais…
-Mais il n'est pas Alain ?
-Non, il n'est pas Alain.
Un ange passa. Mirrim se frotta nerveusement les mains et reprit :
-Alain a adopté un enfant.
-Tiens donc ? Lui aussi préfère vivre sa vie de famille.
-Oui, il voulait des enfants, mais il voulait les faire avec moi. Alors il a adopté.
-Très bien, répondit Menolly avec un sourire, je suppose donc que tout est réglé entre vous maintenant, et que ce que j'ai vu au Troquet du Coin n'était qu'amical…
Mirrim rougit brusquement.
-Oh ? Tu vas là bas toi aussi ?? Tu sais, de toute façon, depuis que nous avons décidé de ne pas être ensemble, nous n'avons jamais eu que des gestes amicaux l'un envers l'autre. Je peux affirmer à Paco la tête haute que je ne l'ai jamais trompé.
Menolly rit doucement :
-D'accord, Mirrim, je ne mets pas ta parole en doute. Je m'inquiétais seulement de savoir si tu ne le voyais pas trop, ton Alain, tu dois te faire mal au cœur.

-Un peu, Nolly, un peu… Mais j'ai besoin de le voir de temps en temps. Et puis, comme tu dis si bien, tout est réglé entre nous maintenant.

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Mise à jour du 22 décembre

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Bon, très bien, visiblement, les naissances à venir se mutliplient… Heureusement, nous autres, au cimetière, on a déjà vu ça une fois, ça nous a pas plus émoustillés que ça. Quant aux vivants, ils savent bien que Meer n'était pas arrivée par des voies complètement… hum… classiques, dirons nous… Heu, où en étais-je ? Ah, oui, c'était pour dire qu'à force de passer ses nuits à reluquer les étoiles, ben ça a pas loupé ! Pensez, Robinton, ça lui était arrivé alors qu'il n'y pensait même pas, Paco, il ne pouvait pas y manquer… Je l'ai toujours soupçonné d'avoir souhaité poursuivre l'œuvre de Léo, le recherche des petits hommes verts…

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Hé hé, jem'en doutais que ça lui avait fait plaisir !! Regardez le qui est revenu la bouche en cœur, l'air très satisfait de lui-même. J'en aurais mis ma main au feu que c'est ce qu'il voulait. Et si j'en juge à la petite musique qui a accompagné l'éjection de Paco de la soucoupe, il semblerait qu'une naissance supplémentaire soit en route. Roh là là, Robinton vient d'aller se planquer en courant dans sa tombe… On dirait bien qu'il n'en garde pas les meilleurs souvenirs…

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Serait-ce le soleil qui tape trop fort où la concentration d'hormone dans l'air allant augmentant, Brekke a un comportement assez curieux… Alors que la moitié des Orlithe en age d'avoir un enfant grossissait de concert, on s'est aperçu que depuis quelques jours, elle se levait à 6 heures du mat' (l'exploit !) pour aller… devinez quoi ? Renverser la poubelle de ce vieux Marc…
Au début, on a bêtement cru que c'est parce qu'il en faisait voir à Mirrim… Et oui, elle a bien vu que les papiers qu'il avait voulu faire signer si vite à Jancis signifiaient, lorsqu'ils sont lus avec l'avocat adéquat, que Marc tentait de mettre "sa lignée sur le trône. Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle lubie ?? Rah là là, j'aurais du laisser des explications claires avant de partir… Pensez, maintenant, y'en a plus un qui m'écouteraient, ils ne me connaissent même pas, à part un vieux tableau, et le nom de Grand-Mère Moreta…
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Bref, on aurait pu croire que Brekke se vengeait car, sa combine découverte, Mirrim avait renvoyé un bataillon d'avocat aux trousses de son… cousin (? On va dire cousin, c'est plus simple…) qui lui faisait payer œil pour œil dent pour dent !
Et ben non, figurez vous… Simplement, elle avait vu Marc compter fleurette à une serveuse dans un resto et hop ! Grosse crise de colère et de jalousie… Oh, ce n'est pas qu'elle l'aime encore, ça non (comment je sais ça ? Oh, je passais incidemment derrière elle alors qu'elle écrivait son journal…). Simplement, elle avait cru lui faire suffisamment d'impression pour qu'il se consume éternellement d'amour pour elle, un peu comme son frère pour Mirrim, forcément, ça flatte. Mais voilà, lui aussi, ça fait belle lurette qu'il l'a oubliée, et la pilule fut amère…

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Dure mais vite oubliée… Forcement y'a une avalanche de bébés, ces temps-ci. Allez, préparez vous, je vous présente *roulement de tambour* : Kylara, la petite sœur de Faranth, née la première de tout ce petit monde. On va passer sur les mensurations, de toute façon, je les ai oubliées… En tout cas, elle gazouille, elle rigole, et elle essaie de se manger les pieds. Bref, un joli bébé en très bonne santé !

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Quant à ce poupon… Il s'appelle Petiron, et sa naissance aurait du être (enfin) un grand moment de bonheur dans la vie de Menolly. Mais le sort en a décidé autrement, et a décidé d'en finir une fois pour toute avec Menolly… Souvenez-vous, elle avait dit qu'elle était sous traitement pour empêcher son corps de transmettre son virus à son enfant. Et bien, ce traitement l'avait affaiblie, bien plus qu'elle n'aurait jamais voulu l'avouer, têtue qu'elle était ! Son corps malade et souffrant, lors de la délivrance, s'était déchiré et une hémorragie s'était déclarée. Les médecins l'ont bien sur immédiatement transportée aux urgences, et on tout tenté, mais… dans l'état d'épuisement dans lequel elle était, rien n'y fit… Elle mourut 5 heures après avoir fait voir le jour à Petiron, laissant Joachim seul et abattu pour s'en occuper…

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Et au milieu de tout ça, la naissance de Canth est presque passée inaperçue… Paco aussi a fait un détour par les urgences, mais depuis Robinton, quelques autres cas avaient été traîtés donc les médecins Ruathais ont la technique... Une anesthésie, deux-trois coups de bistouris et hop ! un beau bébé tout vert arrive parmi nous !
Notez que je sens que celui-ci n'aura pas la carrière de Meer… J'avoue que ces yeux bleus au milieu de ce visage si… si… écrasé… me perturbent… Enfin, espérons que cette naissance remettra tout le monde d'entrain. Depuis la mort de Jancis, Menolly était plus volontiers venue à la maison et tout le monde l'appréciait. Même Faranth demande où est passée sa tata, et fond en larme quand on lui répond qu'elle est avec son grand-père…

A suivre

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05 février 2006

Le désir impossible de Brekke

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Humpf... Résumons un peu : une directrice de l'Orlithe mère par deux fois avec un homme qu'elle n'aime pas d'amour et se consumant pour un lointain cousin, le jumeau du lointain cousin intriguant (mais pas tant que ça, on a vu pire avec les Cross) pour le siège de la directrice, la cousine de la directrice héritière d'une lignée de nympho… Mouaif… Qui a-t-il d'autres, dans cette maison ? Paco, papa d'un alien ? Mouais… Faranth l'adolescente effacée… Pfiouuuu, des fois, vous savez, je me demande si je leur ai vraiment fait un cadeau en leur léguant cette entreprise, la maison, la famille, quoi !

Enfin, de toute façon, ça ne sert à rien de m'époumoner, ils ne connaissent de moi que le "Grand-Mère Moreta qui a fondé l'entreprise"… Ceux qui m'avaient connue m'entendaient dans leur sommeil, mais eux… je n'arrive pas à les atteindre… Je n'avais pas prévu qu'il y aurait tant de soucis…

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Ah là là Moreta ! Des soucis, pour l'instant, y'en a pas tant que ça !

 

Regardez si c'est pas mignon : pour fêter l'anniversaire de Kylara, ils ont fait ça en famille… Brekke et Mirrim ont tenu à garder des liens avec ce que nous appellerons "la branche Menolly" de la famille et voient régulièrement Joachim (bon, il est en uniforme, certes… mais il a laissé tombé la cuisine et a pris un petit boulot de surveillant pour pouvoir mieux s'occuper de Pétiron. Et là, il est venu, mais en sortant du boulot). Donc, pour les événements familiaux tels que les anniversaires, elles passent un petit coup de fil et hop, voilà Joachim. C'est plutôt sympa, non ?

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D'ailleurs, c'est fait en accord avec toute la famille. Enfin, vu la table du petit déjeuner, vous diriez plutôt "en accord avec la part féminine de la famille", non ? Bon, certes, les conseils de famille ressemblent plutôt à une assemblée matriarcale mais bon, Paco n'était déjà pas très présent avant, je ne vous raconte pas depuis Canth, sa virilité en a pris un coup…

Enfin bref, les filles sont d'accord : "Pas question de laisser ce bon Joachim de côté, c'est le père de Pétiron, qui est du sang des Orlithe !". Du coup, à tour de rôle, tout le monde passe faire un petit coucou à l'occasion, histoire de voir si le petit pousse bien… Enfin, tout le monde, je devrais dire Mirrim et Faranth, car Brekke s'est bien vite défilée... Elle prétexte je ne sais quoi à chaque fois, mais de toute façon, tout le monde sait que c'est pour aller traînasser en ville qu'elle évite…

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Et quand elle ne traîne pas en ville, c'est pour s'occuper des gosses. Incroyable ça, elle a eu je ne sais combien d'amants, s'est toujours bien occupée des enfants de la famille, et elle n'a jamais été fichue de nous en faire un. Pourtant, je regrette un peu, c'est elle qui me ressemblait le plus physiquement, j'aurais aimé qu'elle transmette ses gênes…

Hum, enfin bref, tout ça pour montrer Canth qui grandit… Il est maintenant évident qu'à moins de subir quelques opérations, ce gamin n'aura jamais la beauté de Meer. Allons, ne faisons pas tant de considérations physiques, ça n'est pas très gentil

-N'empêche que mon petit Alien à moi, il était vachement plus beau…
-Merci mon petit Papa !
-Robinton, Meer, chut! Ça n'est pas très gentil de dire ça. Pauvre gosse, il est déjà suffisamment... heu... comme ça, c'est pas la peine de lui faire en plus remarquer qu'il n'a pas de nez !

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N'empêche que… Qu'est-ce qu'on disait ? Ah oui, Brekke, donc, c'est soit les langes, soit le centre-ville… Et là, justement, c'est le centre ville, avec un nouveau Jules. Mais qu'est-ce qu'elle lui susurre donc à l'oreille ?

-Oh, Martin, si tu savais ce que je suis contente… Tu sais quoi, c'est la première fois que je LE fais dans une cabine de photomaton (et mon œil, alors ?!?) et je suis si contente de l'avoir fait avec toi…
Et le Martin en question, le voilà qui fait le faux modeste :
-Oh, tu sais Brekke, pour moi aussi c'était la première fois, mais je pense qu'on s'en est bien sorti tous les deux, c'était vraiment…
-Tu m'étonnes, en plus, t'as vu les photos qu'on a faites avant ? Elles sont sympas, hein ? MMmmmhhhh, Martin, c'était vraiment bien mais, OH ! T'as vu l'heure ? Faut que j'y aille moi !
-Mais Brekke, j'aurais bien aimé passer un peu de temps avec toi…"

Trop tard, la miss avait filé. Et beaucoup de clients du Café Retro ont pouffé en voyant l'air perplexe de Martin lorsqu'ils entendirent Brekke hurler dans la rue :
"Youhoooooouuuuuuuuuuuuuuu ! Et de TRENTE !!!!"

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13 février 2006

Valentine, vous avez dit Valentine ?

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Remarquez, il n'a pas l'air de lui en vouloir, le Martin. Ou alors, il n'a vraiment rien compris à ce "trente" (remarquez, on doit bien être la seule famille dans tout Ruatho où il y a des records de générations en générations à ce sujet-là…), mais regardez si c'est pas beau les cadeaux qu'il vient faire au milieu de la nuit… Alors, comment a-t-il transporté ce piano dans un petit sac poubelle d'une capacité estimée à 30 litres ? C'est un des mystères de Ruatho, ça… Enfin, ça a quand même bien fait plaisir à Faranth qui a déclaré que avec 2 pianos à la maison, ça lui permettrait d'en emmener un sur le campus. On verra à ce moment là si elle aussi est dépositaire du secret du sac poubelle extensible…

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Pendant ce temps, Paco, insensible à la domination matriarcale de la maison, s'occupe de son fils. Et travaille. C'est tout ce qu'il fait, depuis la naissance de Canth : boulot, Canth, perfectionnement des compétences personnelles. Tu parles qu'avec ça, il ne risque pas d'en imposer à toutes ce filles !

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Voyez-vous ça ?? Finalement, Paco ne serait-il pas sensible aux voix d'outre-tombe? Je me demande si mes lamentations sur son peu de machisme (mais notez, trop peu, c'est comme trop tout court, n'est-ce pas ?) n'aurait pas réveillé un Cro-Magnon chez lui. Notez bien, un Cro-Magnon qui serait pas mal civilisé… Ou alors c'est la crise de la quarantaine, allez savoir. Le fait est que notre Paco a atteint le rang suprême de son boulot, et qu'il a décidé que sa prime n'irait pas sur le compte des Orlithe, mais dans sa poche à lui pour pouvoir se faire un petit plaisir rouge. Et bien, si je le chope au feu rouge, le coude à la fenêtre, en train de faire ronfler le moteur pour faire de l'œil à une minette, promis, je prends la photo !

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Hé hé, regardez un peu ! Il y en a une autre à qui ça fait plaisir aussi, ce petit bolide rouge. Même si ça n'a pas été facile pour Faranth de l'avoir…

"Mon petit papounet, je peux prendre la voiture ce soir ?
-Non.
-… s'il te plaiiiiieeeeeuuuuut !!!
-Non Faranth, tu n'as pas ton permis depuis longtemps, il n'est pas question que tu la prennes et que tu l'abîmes.
-Mais Papa, j'ai jamais eu d'accident jusqu'à maintenant !
-Rappelle moi depuis combien de temps tu as ton permis ?
-Ben heu… 1 mois… et 3 jours !
-Alors tu comprendras que je ne te laisse pas le volant.
-Mais papaeeeuuuu ! L'examinateur a dit que je conduisais vachement bien pour quelqu'un qui passait son permis pour la première fois !"

 

On sent bien que l'échange aurait pu durer longtemps si Mirrim n'avait pas fait une petite remarque acide sur l'argent qu'avait coûté la voiture et le fait qu'à ce prix là tout le monde devait pouvoir en profiter…

Posté par Delise à 00:14 - 5. La conquête de Ruatho (Histoire) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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Et c'était pour aller où, cette voiture, je vous le demande ? En boîte ! Et bien, quelle jeunesse gâtée ! De mon temps, les jeunes y allaient à pieds ou en stop, en boite, mais là, c'est grand luxe, franchement… Enfin, regardez donc sur qui Faranth est tombée là-bas : le cher Joachim !

"Hé, salut Jo', comment vas-tu ?
-OH ! Bonjour Faranth… Je… heu, ça va merci…
-T'es sûr ? T'as l'air tout bizarre !
-Et bien pour être honnête, je suis un peu gêné que tu me voies ici…
-Ben pourquoi ? Tu cherches une fille ? C'est pour ça que t'es venu ?
-Et bien, depuis le décès de ma douce Menolly, je me sens seul, c'est vrai, alors je viens ici. Mais je crois que je vais rentrer. Les femmes qui sont ici sont beaucoup trop jeunes, je ne voudrais pas que les gens en ville pensent que je détourne des jeunes…
-Oh, Jo', c'est trop mignon ce que tu dis. Bon, déjà, faut pas être gêné, c'est bien normal que tu te cherches une copine. Après, que les filles soient trop jeunes… Ma foi, j'en vois de tous les âges ici, et certaines sont presque seniors.
-Tu es très gentille avec moi, Faranth, comme toujours. Mais quand même, j'aurais trop peur du qu'en dira-t-on si je ne sors pas avec des dames hum… d'âge mur.
-Oh là là, Jo', mais qu'est-ce que tu te tortures pour rien ! Enfin, déjà, t'es pas si vieux que ça et en plus tu fais à peine ton âge. C'est pas compliqué, tu te fais une couleur et personne ne croira plus que tu es senior. Allez, descend avec moi, on va voir si on ne te trouve pas quelqu'un. Bon, tu m'en voudras pas trop, mais faudra pas que ça dure trop longtemps, si les garçons voient que je ne suis pas seule, je n'aurai aucune chance ce soir !

-Faranth, tu es vraiment adorable. Ta candeur et ton énergie sont un vrai rayon de soleil pour moi ! Allez, allons-y !

Posté par Delise à 00:15 - 5. La conquête de Ruatho (Histoire) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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