04 mars 2006


NB : Je n'ai pas retouché à cette chronique, elle est donc telle que je l'avais présentée pour le concours, c'est à dire avec 30 photos, tel que c'était demandé.
Première visite
-Alors Muldy, soupira Sculder, où nous as-tu encore emmené ? Une nouvelle
chasse aux sorcières ?
Avec un sourire en coin, l'agent Muldy répondit :
-Tu crois pas si bien dire, Sculder ! Nous voici devant la
résidence Humenock, du nom de son fondateur qui s'est installé ici en 1815.
-Et alors, que se passe-t-il de méchant ? Quelqu'un se
balade en sous-vêtements sur son balcon ?
-Sculder, ne sois pas si négative. Mon informateur secret
m'a fait passer des dossiers qui montrent que de drôles de choses se sont
déroulées ici…
Sculder, l'air ennuyé, fit la moue et regarda autour d'elle
:
-MMMmmmhhhh ? Quel genre ?
-Le genre disparition… J'ai remonté la piste sur les 90
dernières années. Et bien figure-toi que tous les 30 ans, 5 personnes
disparaissent, en quelques semaines, aux alentours de ce domaine. Ces trois
dernières semaines, on a constaté la disparition de 3 personnes dans un rayon
de 10 km autour d'ici. Alors, j'ai récupéré le dossier pour enquêter !
-Très bien, enquêtons… Sculder ajouta à mi-voix : "Et tu
suspectes qui, l'abominable homme des forêts ?"
Muldy s'approcha de la grille d'entrée du domaine pour
sonner. Ne trouvant aucune cloche, ni grelots, ni rien qui pourrait faire du
bruit, il entreprit de donner de grands coups de poing dans la vieille grille
de fer forgé toute rouillée.
Sarcastique, Sculder remarqua :
-Et bien, ils sont accueillants, au moins, tes Hume-machin.
Pas de sonnette, un panneau d'interdiction à l'entrée. Tu vas devoir escalader
la grille, je crois…
-Humenock, Sculder, Humencock… Et je ne crois pas devoir
escalader la grille, il me semble que quelqu'un vient de bouger, vers cette
petite bicoque, à droite de l'entrée.
En effet, un vieil homme s'avançait en maugréant :
-Oh sacrebleu ! 'suffit comme ça ! Qu'est-ce ça veut dire
m'sieur "j'défonce la grille" ? Pouvez pas faire moins d'bruit tout
d'même ?
Sans se démonter, Muldy fit son sourire de premier de la
classe et sortit le baratin "spécial FBI" :
-Bonjour monsieur, agent spécial Muldy, du FBI, voici
l'agent Sculder. Pouvons-nous entrer vous poser quelques questions ?
Le vieil homme regarda les plaques dorées avec suspicion,
puis acquiesça :
-Mouaif, si vous avez vraiment rien d'aut' à faire.
Il ouvrit la grille, qui grinça épouvantablement –Scriiiiiich-,
leur tourna le dos et se dirigea vers la petite maison que Muldy avait remarquée,
en marmonnant :
-App'lez moi Georges.
Pendant que
Sculder explorait les proches environs (mais elle n'allait pas trop loin car
elle sentait le regard de Georges se fixer sur elle dès qu'elle faisait un pas
en avant), Muldy entreprit de cuisiner Georges.
-Alors
Georges, vous êtes heu… Hum… Locataire, ici ?
-Non,
m'sieur ! Chuis le gardien, moi ici ! Enfin, ça s'résume à homme à tout faire…
J'loge tout seul dans cette petite baraque qu'vous voyez là.
-Oui, hum,
je vous avais vu sortir. Alors, vous travaillez pour… ?
-J'travaille
pour les Humenock, m'sieur, d'puis 40 ans… Hep, ma p'tite dame ! Faut pas aller
là-bas, siouplait !
Muldy se
retourna pour voir que Georges avait coupé l'élan de Sculder qui se préparait à
faire le tour de la bicoque de Georges. Celui-ci reprit :
-M'sieur-dames,
on sera p't'être mieux à l'intérieur pour discuter, y m'semble.
-Très bien,
on vous suit.
Contrairement
aux espoirs de Muldy qui aurait voulu voir le corps principal de l'endroit,
Georges les entraîna dans sa cabane. Sculder, agacée, reprit l'interrogatoire
pendant que Muldy observait l'environnement.
-Alors,
monsieur… Hum… Georges. Serait-il possible que nous rencontrions vos employeurs
?
-Ben ma
p'tite dame, ça va être difficile. Moi, j'les vois déjà jamais.
-Ah bon ?
-Ben ouais,
y m'payent par virement, et y sortent surtout la nuit. Y m'ont dit de travailler
le jour et de ne surtout pas sortir d'chez moi l'soleil couché.
-Pour
quelle raison ?
-Chais pas.
L'endroit a l'air bizarre des fois, la nuit.
Muldy
interrompit brutalement Sculder qui s'apprêtait à poser une autre question :
-Georges,
voulez-vous nous faire visiter ?
-Ben,
j'veux bien vous montrer l'entrée du domaine, mais les Humenock, y z'aiment pas
bien les visiteurs, donc on ira pas ben loin.
Le vieux
Georges les mena donc en face de chez lui, devant une chapelle encore beaucoup
trop proche de l'entrée du domaine au goût de l'agent Muldy.
-Ben v'la,
agent Muldy, moi, j'peux point vous montrer aut' chose… Y'a c'te vieille
chapelle qui sert p'us d'puis des années, en face de ma cabane, et après, tout
c'qui est d'l'aut' côté du pont et d'chez moi, c'est pas possib' d'y aller, les
Humenock, y vont pas vouloir être dérangés.
Muldy prit
Sculder à part :
-Sculder,
je sens qu'il se passe quelque chose de très louche, ici ! Je suis sûr que
Georges ou les Humenock nous cachent quelque chose, si on n'a pas le droit
d'aller plus loin… Il faudrait peut-être arrêter Georges pour le faire parler !
-Muldy,
calme toi. Qu'est-ce que nous avons ? Un vieux gardien qui fait ce que lui
demandent ses employeurs, des gens qui ne souhaitent pas être dérangés… Je te
signale que nous n'avons pas de mandat, Muldy, on ne peut obliger personne à
faire quoi que ce soit, ici.
-Oui, mais
la chapelle…
-Quoi, la
chapelle ? Le coupa Sculder. Il est très courant, dans ces domaines qui se sont
établis il y a longtemps, d'avoir une chapelle. A l'époque, il fallait parfois
longtemps pour rejoindre l'église la plus proche. Si ça se trouve, ils ont même
un caveau familial, ici.
Muldy, pas
convaincu, persuada sa collègue de continuer à cuisiner le vieux Georges tandis
qu'il allait fureter. Excédée, Sculder s'exécuta, mais sans réelle conviction.
-Alors,
monsieur… Hum… Georges… Où en étions-nous ? Ah oui, parlez-moi un peu de ce que
vous faites ici.
-Ben c'est
pas compliqué m'dame. J'entretiens le jardin, le cim… heu les haies, je sors
les poubelles.
-Vous
n'entrez jamais dans la demeure de vos employeurs ?
-Non
m'dame, c'est pas mon boulot. Moi je fais tout l'extérieur. R'gardez les
rosiers, je les tailles, je viens d'écimer les bouleaux…
Profitant
de l'enthousiasme du vieux Georges pour ses travaux d'horticulture, Muldy
commença à faire le tour de la chapelle. Il se colla à un des vitraux pour
tenter d'apercevoir l'intérieur.
-Humpf,
grommella-t-il dans sa barbe. Tu m'étonnes qu'il ne fait que l'extérieur. Pour
sûr, il ne fait pas les vitres, on n'y voit rien !
Mais le
vieux Georges a l'œil :
-Hep, agent
Muldy ! Faut pas faire ça, mes patrons, y vont pas êt' contents si vous cassez
un vitrail !
Muldy,
grincheux, revint donc sur ses pas pour rejoindre Sculder et Georges.
-Dites moi,
Georges, c'est la demeure de vos patrons, ce gros bâtiment de pierre qu'on voit
là-bas ?
-Ben ouais,
agent Muldy, c'est là qu'habitent les Humenock.
Mulder prit
un air pénétré pour demander :
-Qu'est-ce
qu'ils ont à cacher, ces gens là ?
Sculder,
excédée, soupira ostensiblement, et se tourna pour admirer le bâtiment de
vieille pierre et ses colonnades.
-Ben chais
pas agent Muldy ! J'crois pas qu'y z'aient queu'que chose à cacher. C'est juste
qu'y z'aiment pas êt' dérangés.
Pendant que
Muldy insiste, Sculder trouve le temps long et visite un peu plus. Elle
s'avança alors sur le pont de pierre qui enjambe un petit cours d'eau.
Mais
Georges a l'œil !!!
-Hep, agent
Sculder, non, y faut pas aller là-bas, si les Humenock vous voient, y vont me
tomber dessus !
Sculder
lance un dernier regard autour d'elle, soupire à nouveau, et se rapprocha des
deux hommes. Georges reprit :
-Bon,
m'sieur-dame, j'peux rien vous montrer d'plus, et pis j'ai beaucoup de travail
à faire, encore. J'vais vous demander de partir.
Ne pouvant
rien faire de plus, les deux agents obtempérèrent. Arrivés vers la voiture,
Sculder a l'air de triompher, mais Muldy fit tomber son petit sourire vainqueur
en lui annonçant :
-Qu'est-ce que
tu dirais d'un balade nocturne, Sculder ?
Elle tourna
vers lui des yeux effarés :
-Mais
enfin, explique moi ce que tu comptes trouver ? On ne va quand même pas faire
une violation de domicile ??!!
-Meuh non,
on restera discret, promis. Je suis sûr qu'il y a anguille sous roche, et
j'aimerais bien voir cette chapelle de plus près…
Balade nocturne
23 h
Muldy a
réussi à convaincre Sculder de le suivre jusqu'à l'entrée. Arrivés devant le
domaine, elle a tenté de le faire changer d'avis, mais il a su utiliser des
arguments fallacieux pour la décider :
-Ben
qu'est-ce qui t'arrive, Sculder ? C'est la pleine lune, ça t'effraie ?
-Muldy, je
te rappelle que je suis une scientifique, et en tant que telle, la pleine lune
ne m'effraie pas, pas plus que les chouettes qui hululent !
-Oh là là,
te vexe pas comme ça. Moi, en tout cas, j'escalade la grille ! Reste donc ici
si tu as trop peur…
Excédée,
mais surtout piquée au vif, Sculder se décida à le suivre, tout en débitant un
chapelet de jurons que la décence nous interdit de retranscrire ici…
Sculder suivit
Muldy, en époussetant son tailleur, et en continuant à marmonner des
imprécations contre son collègue. Muldy, émerveillé de son intrusion dans ce
domaine, regardait partout autour de lui. Par où commencer l'exploration et le
rassemblement de preuves que des choses paranormales se trament ici ? La
chapelle ? Le pont ? La maison ?
Ce dont ils
ne se rendent pas compte, c'est que les deux agents sont sous surveillance. Depuis
la fenêtre la plus haute de la maison, une femme les observe attentivement.
Quelles sont ses intentions ? C'est une question de la plus haute importance…
Mais les deux agents, insouciants, ne se rendent compte de rien et continuent à
discuter à voix basse de ce qu'ils vont explorer en premier.
Et bien ce
sera la chapelle en premier ! D'invisibles yeux brillent dans l'ouverture de
l'épaisse porte de chêne, surveillant toujours nos deux agents.
Sculder et
Muldy ont pénétré dans ce sanctuaire, et ont dépassé les vieux bancs de bois,
les arches aux murs et les statues d'anges pour atteindre l'autel.
Alors que
Sculder admire les statues qui décorent le lieu, Muldy s'exclama :
-Sculdy,
regarde, derrière l'autel !
-Quoi, qu'y
a-t-il, encore ?
-Mais
regarde, par terre ! Un cercueil de vampire !
-Muldy,
Muldy, Muldy… Tu regardes vraiment trop les films d'horreur. Un plaisantin aura
mis ça là, sachant que la chapelle ne sert qu'occasionnellement et que le
premier pigeon qui allait rentrer tomberait dans le panneau. Cesse d'être aussi
crédule !
-Mais
Sculder, tu ne te rends pas compte ! Quand je te disais que quelque chose de
louche se passe ici ??!!!
-Mais tu
n'as rien écouté à ce que je viens de dire ou quoi ?
Muldy
réfléchit quelques instants puis hocha la tête, d'un air peu convaincu :
-Mouais, tu
as peut-être raison… Je regrette quand même de n'avoir aucune gousse d'ail sur
moi. Je devrais peut-être piquer le crucifix qu'il y a au mur.
-Muldy !
Comment veux-tu que ce crucifix te protège d'un hypothétique vampire ?? Il est
quand même accroché juste au dessus. D'ailleurs, tu devrais reconnaître que
cette disposition ne fait qu'étayer la théorie du plaisantin !
-Mouais…
Muldy repartir vers la sortie. Il marmonnait quelque chose mais Sculder ne put
entendre que quelques mots, dont "pas possible" "vampire"
"nouveau genre" "rien n'est prouvé"…
Direction
l'arrière de la maisonnette de Georges. Muldy triomphait :
-Hé bien,
le vieux Georges, il a oublié de nous préciser que derrière chez lui, y'avait
un caveau et tout un cimetière !
L'air
accablé, Sculder reprit ses explications :
-Muldy,
n'oublie pas ce que je t'ai dit cet après midi ! De nos jours, c'est interdit,
mais au siècle dernier, le cimetière, c'était comme la chapelle ! On pouvait en
avoir dans son jardin. Il n'y a rien de particulier, ici !
Muldy
désigna un coin sombre du cimetière :
-Et ÇA, là
! Tu vas me dire que c'est normal ?
Muldy était
penché au bord d'un trou qui laissait apparaître un vieux cercueil moisi.
-Tu vas me
dire peut-être qu'il est normal que quelqu'un ait commencé à excaver un mort ?
Sculder
regarda le trou avec une moue dubitative :
-Mouais. Je
suppose que tu as raison, et que la personne qui a commencé à creuser ce trou
n'est pas forcément équilibrée. Mais là encore, on peut trouver plein
d'explications ! Ce genre de cimetière privé peut attirer des gens appartenant
à des cercles de magie noire !
-Sculder,
je t'apprécie beaucoup, mais là, je doute. Tu ne voudras vraiment pas admettre
que nous sommes en présence de quelque chose de bizarre ?
-Si, je
reconnais que c'est bizarre. Mais je ne vois rien de paranormal, ici. Allez
viens, depuis cet après midi, j'ai envie de voir ce qu'il y a de l'autre côté
de ce pont.
Le marais et ses secrets...
Les deux
agents traversèrent le pont en direction de ce qui paraissait être un coin
marécageux. Ils s'étaient assurés que Georges dormait, mais n'en demeuraient
pas moins sur leurs gardes. Ils continuaient donc leur dispute à voix basse.
Le sujet de
la dispute, me demanderez-vous ? Sculder admirait l'architecture et appréciait
cette vieille pierre alors que Muldy lui reprochait de trop admirer le paysage
et de ne pas s'intéresser assez à ses idées.
Ils ne se
rendaient pas compte que cette fois, les yeux qui les suivaient inlassablement
étaient perchés dans un arbre…
Arrivés de
l'autre côté de ce pont, Sculder laissa échapper une exclamation de surprise.
Et du coup, c'était de jubilation que Muldy sautait :
-Ah, tu
vois ? Tu vois, cette fois ? On trouve quoi dans le jardin de ces Humenock ?
Des bancs, installés devant une potence pour que des gens puissent
tranquillement assister à des pendaisons !!
L'agent
Sculder commençait à être mal à l'aise. A vrai dire, elle ne l'avouera
certainement pas, mais cette maison commençait à lui donner des frissons dans
le dos. Elle se pencha sur la potence, pour l'examiner, et trouva… des traces
de sang !
-Muldy,
s'il s'est passé quoi que ce soit ici dernièrement, il ne s'agissait pas d'une
pendaison… Il n'y aurait pas ce sang sur le bois !
-Mmmhh,
c'est encore pire alors. Vas-tu admettre qu'il y a quelque chose de louche ?
Après un
instant de silence, Sculder répondit :
-Oui,
Muldy, mais certainement pas de paranormal.
En se relevant, Sculder aperçut un marais tout proche de la potence, avec une barque qui flottait dessus. Muldy suivit son regard et, ni une, ni deux, il ôta son costume d'agent du FBI et rentra dans la marais en slip. Alors qu'il perdait pied petit à petit et devait nager, Sculder resta sur les rives boueuses et le regarda. Finalement, alors du Muldy s'approchait de la barque, elle posa la question qui lui brûlait les lèvres :
-Hum,
Muldy, qu'est-ce que tu comptes trouver, exactement dans cette barque ?
-Attends
Sculder, tu vas voir ! dit-il en se cramponnant à la barque pour se hisser
au-dessus.
L'agent
Sculder le regardait faire de loin, et comme il ne disait plus rien et
contemplait pensivement l'intérieur de la barque, elle lui demanda à nouveau :
-Alors ?
Qu'y a-t-il là-dedans ?
... ...
-Ben… Heu…
C'est à dire que… Y'a des rames, quoi…
Dans le manoir
Muldy,
dépité, sortit bien vite de son marais et se rhabilla (ah, les joies du cinéma
! Pas de douche, ni rien, et il est aussi propre qu'un sou neuf).
Ignorant le
fou rire à peine masqué de Sculdy, il se dirigea d'un pas décidé vers la maison
:
-C'est dans
cette maison qu'on va trouver les réponses ! Allons-y !
Riant
toujours (au moins, cette bonne blague lui avait permis d'oublier son
appréhension), Sculder suivit Muldy vers la maison. Ils montèrent sur le porche
et ouvrirent discrètement la porte.
A pas de
loups, nos deux agents pénétrèrent dans la maison.
-Tu crois
qu'on devrait demander s'il y a quelqu'un ? chuchota Sculder dans l'oreille de
son coéquipier.
-Dans un
premier temps, peut-être que non. Si on croise quelqu'un, on aura qu'à dire
qu'on l'a fait, répondit Muldy sur le même ton.
Mais il y
avait quelqu'un. Perchée sur le palier du premier étage, la mystérieuse femme
les suivait du regard…
Inconscients
de cette surveillance, les deux agents regardent le hall d'entrée : une porte à
droite, une à gauche, et une en face. L'inconnue les voit pénétrer dans la
pièce de droite.
-Oh, Muldy,
c'est une cuisine ! Roh là là, c'est super beau, toutes ces vieilles pierres !
-Oui,
Sculder, regarde bien comme la moisissure sur les murs est belle aussi ! Pour
sûr le vieux Georges n'est pas passé par là !
Pénétrant
plus avant dans la cuisine, Sculder et Muldy s'aperçoivent qu'elle communique
avec une salle à manger. A pas de loups, ils ouvrirent la porte et s'avancèrent
dans cette pièce.
Sculder,
toujours autant épatée par le décor, s'assit sur une des antiques chaises, en
s'exclamant avec bonheur :
-Oh mon
dieu, Muldy ! Regarde ce mobilier, et le prix que ça doit coûter chez un
antiquaire ! C'est vraiment magnifique !
Agacé,
Muldy lui tourna le dos et, connaisseur, commenta la prise de pêche accrochée
au mur :
-Ben tu
vois, Sculder, ça, c'est du poisson ! Moi, le jour où j'attraperai ça…
Après
quelques minutes, le deux agents reprirent tout de même conscience qu'ils ont
pénétré illégalement dans un domicile privé, et qu'il serait peut-être bien
d'arrêter le tourisme pour se mettre un peu à la recherche des preuves que
désire tant Muldy.
-Viens
voir, Muldy, il y a une porte au fond de cette pièce, allons voir où elle mène
!
-Boh, ça
mène pas bien loin… juste à l'extérieur, et à une sacrée collection de
bouteilles poussiéreuses.
Sculder,
déçue, se pencha alors sur les bouteilles pour examiner leur provenance.
Pendant ce
temps, Muldy était descendu de la petite terrasse et examinait un tas de
détritus posé derrière la maison.
-Sculder,
regarde ! Parmi tous ces trucs à jeter, y'a un nounours !
Sculder se
releva, vérifia, puis regarda son collègue. Vu l'air ébahi qu'il a, on dirait
qu'il vient de voir la Sainte Vierge, et non pas un tas de cageots avec un
nounours au milieu. Elle leva un sourcil et demanda :
-Et alors ?
Muldy se
tourna vers elle, tout excité :
-J'ai
compris Sculder, j'ai une théorie ! Le couple qui habite ici avait un enfant
qui est décédé depuis ; l'enfant est enterré là-bas mais la maman perd les
pédales et veut le déterrer, avant de se faire tuer par son mari devenu
psychopathe…
*silence*
-Muldy, si
quelqu'un a perdu les pédales, ici, je doute que ce soit les personnes dont tu
as parlé. Tu n'as jamais pensé à consulter ?
De plus en
plus de mauvaise humeur à cause de sa collègue qui a le toupet de se moquer de
lui, l'agent Muldy revint à l'avant de la maison à grandes enjambées pour
continuer l'exploration. Sculder avait du mal à le suivre, elle ne restait à
son niveau qu'en courant à moitié, et c'est fatiguant car en même temps, elle
lui parlait pour se faire pardonner… Peine perdue d'ailleurs.
De retour
dans le hall d'entrée, ils choisirent cette fois d'aller voir à gauche, et
débouchèrent sur une salle de bal. Muldy, avec un rictus sur le visage, se
tourna vers sa collègue pour lui demander :
-Alors,
qu'est-ce que tu vas me dire, cette fois ?
Il commença
à contrefaire sa voix, le ton montant d'une octave :
-Oh, Muldy
c'est super beau ce parquet ? Ou "Oh Muldy, regarde l'âge de ce gramophone
?"
Il arrêta
de lui postillonner méchamment au visage pour la fixer et attendre la réponse.
Devant tant d'agressivité, Sculder choisit d'adopter (pour l'instant), un
profil bas, et suggéra d'une petite voix :
-Heu…
Muldy… En fait, c'est qu'une salle de bal. Y'a pas grand chose à y voir, alors
on va peut-être monter à l'étage non ?
Et les
voilà qui montent à l'étage. Ils ne le savent pas, mais c'est de là que l'inconnue
les observait lorsqu'ils sont rentrés. Mais à propos, où est cette inconnue ?
Et est-elle seule ? Pourvu que nos agents ne découvrent pas quoi que ce soit de
dangereux !!! Niark niark… Hum, bref, avant que Sculder ne commence à
s'extasier sur la pendule antique ou sur le vieux canapé (que, entre nous,
Muldy ne considère que comme un vieux tas de poussière), Muldy attira son
attention sur les étranges objets de cette maison :
-Regarde
Sculder, cette drôle de plante luminescente…
-Oh, oui,
il s'agit peut-être de cannabis transgénique, qu'en penses-tu ?
-Mmmmmhhh,
je pense que tu te moques encore de moi. Bon, passons à autre chose… Quelle
porte on prend ? Il y en a quatre…
-Bof… Je
sais pas trop… On n'a qu'à aller tout droit, en face de toi.
En face, c'était
les toilettes… Les deux agents ont donc essayé une autre porte. Pour tomber
sur… Heu… Comment appeler ça ? Une pièce sans aucune fenêtre, remplie
d'instrument de torture divers et variés. Sculder pâlit, et commenca à paniquer…
-Muldy, les
traces de sang par terre sont fraîches. Sors ton arme, je commence à être
réellement très inquiète. Je ne sais pas ce qui se passe dans cette maison,
mais c'est certainement très dangereux.
Sortant son
arme, Muldy acquiesce :
-En effet
Sculder, j'avoue que je commence à rejoindre ta théorie de secte de magie
noire. Je suis moi aussi très inquiet…
Ah ah ! Ça
y est, les deux bravaches ont avoué leur trouille bleue, l'inconnue va pouvoir
rentrer en scène ! De deux pièces de l'étage, des bruits fracassants
retentissent… Les deux agents commettent leur dernière erreur : ils se séparent
et courent vers l'origine des bruits…
Sculder déboule en trombe dans une bibliothèque (apparemment plus consacrée à l'ésotérisme qu'aux œuvres complètes de Zola), et pousse un hurlement de frayeur. La voilà, l'inconnue, les yeux qui ont suivi les deux agents toute la nuit ! Mais qui est-ce ? Il s'agit de Rose-Marie Humenock… Si Sculder le savait… Elle se souviendrait peut-être qu'elle a vu une sépulture à son nom dans le cimetière…
De son
côté, Muldy est entré, de façon certes moins brutale, dans une chambre. Au
milieu, un lit… au travers duquel flotte tranquillement un autre inconnu.
Confronté à
un phénomène surnaturel, Muldy se sent dans son élément, et tente d'engager la
conversation : qui est-il ? Est-il mort ?
Lui ne saura
rien, mais pas nous, spectateurs. Cet inconnu s'appelle Maxime Humenock, et,
comme pour Rose-Marie, Sculder avait vu son nom dans le cimetière.
Mais que va-t-il
advenir de ces deux agents du FBI ?



























