05 février 2006
Le désir impossible de Brekke
Humpf... Résumons un peu : une directrice de l'Orlithe mère par deux fois avec un homme qu'elle n'aime pas d'amour et se consumant pour un lointain cousin, le jumeau du lointain cousin intriguant (mais pas tant que ça, on a vu pire avec les Cross) pour le siège de la directrice, la cousine de la directrice héritière d'une lignée de nympho… Mouaif… Qui a-t-il d'autres, dans cette maison ? Paco, papa d'un alien ? Mouais… Faranth l'adolescente effacée… Pfiouuuu, des fois, vous savez, je me demande si je leur ai vraiment fait un cadeau en leur léguant cette entreprise, la maison, la famille, quoi !
Enfin, de toute façon, ça ne sert à rien de m'époumoner, ils ne connaissent de moi que le "Grand-Mère Moreta qui a fondé l'entreprise"… Ceux qui m'avaient connue m'entendaient dans leur sommeil, mais eux… je n'arrive pas à les atteindre… Je n'avais pas prévu qu'il y aurait tant de soucis…
Ah
là là Moreta ! Des soucis, pour l'instant, y'en a pas tant que ça !
D'ailleurs, c'est fait en accord avec toute la famille.
Enfin, vu la table du petit déjeuner, vous diriez plutôt "en accord avec
la part féminine de la famille", non ? Bon, certes, les conseils de
famille ressemblent plutôt à une assemblée matriarcale mais bon, Paco n'était
déjà pas très présent avant, je ne vous raconte pas depuis Canth, sa virilité
en a pris un coup…
Enfin bref, les filles sont d'accord : "Pas question de
laisser ce bon Joachim de côté, c'est le père de Pétiron, qui est du sang des
Orlithe !". Du coup, à tour de rôle, tout le monde passe faire un petit
coucou à l'occasion, histoire de voir si le petit pousse bien… Enfin, tout le
monde, je devrais dire Mirrim et Faranth, car Brekke s'est bien vite défilée...
Elle prétexte je ne sais quoi à chaque fois, mais de toute façon, tout le monde
sait que c'est pour aller traînasser en ville qu'elle évite…
Et quand elle ne traîne pas en ville, c'est pour s'occuper
des gosses. Incroyable ça, elle a eu je ne sais combien d'amants, s'est
toujours bien occupée des enfants de la famille, et elle n'a jamais été fichue
de nous en faire un. Pourtant, je regrette un peu, c'est elle qui me
ressemblait le plus physiquement, j'aurais aimé qu'elle transmette ses gênes…
Hum, enfin bref, tout ça pour montrer Canth qui grandit… Il
est maintenant évident qu'à moins de subir quelques opérations, ce gamin n'aura
jamais la beauté de Meer. Allons, ne faisons pas tant de considérations
physiques, ça n'est pas très gentil
-Merci mon petit Papa !
-Robinton, Meer, chut! Ça n'est pas très gentil de dire ça. Pauvre
gosse, il est déjà suffisamment... heu... comme ça, c'est pas la peine de lui faire en plus remarquer qu'il n'a pas de nez !
N'empêche
que… Qu'est-ce qu'on disait ? Ah oui, Brekke, donc,
c'est soit les langes, soit le centre-ville… Et là, justement, c'est le
centre ville, avec un nouveau Jules. Mais qu'est-ce qu'elle lui susurre
donc à
l'oreille ?
-Oh, Martin, si tu savais ce que je suis contente… Tu sais
quoi, c'est la première fois que je LE fais dans une cabine de photomaton (et
mon œil, alors ?!?) et je suis si contente de l'avoir fait avec toi…
Et le Martin en question, le voilà qui fait le faux modeste
:
-Oh, tu sais Brekke, pour moi aussi c'était la première
fois, mais je pense qu'on s'en est bien sorti tous les deux, c'était vraiment…
-Tu m'étonnes, en plus, t'as vu les photos qu'on a faites
avant ? Elles sont sympas, hein ? MMmmmhhhh, Martin, c'était vraiment bien mais,
OH ! T'as vu l'heure ? Faut que j'y aille moi !
-Mais Brekke, j'aurais bien aimé passer un peu de temps avec
toi…"
Trop tard, la miss avait filé. Et beaucoup de clients du
Café Retro ont pouffé en voyant l'air perplexe de Martin lorsqu'ils entendirent
Brekke hurler dans la rue :
"Youhoooooouuuuuuuuuuuuuuu ! Et de TRENTE !!!!"
06 février 2006
Part V
Mirrim, contre son gré, épouse Paco et lui donne une petite Faranth. C'est poussée par Jancis qu'elle en est arrivée à cette extrémité, car, après avoir perdu Alain, elle ne souhaitait pas de vie amoureuse. Mais après le décès de Meer et Léo, qui furent plus ses parents que ses "vrais" parents, elle craque et va voir Alain, qui s'est installé dans la petite maison de sa maman depuis son retour de l'université. Leurs retrouvailles furent… pleines d'émotions, mais surtout malheureuses. Alain, réalisant que Mirrim n'avait jamais cessé de l'aimer, voulut rompre le barrage qu'il avait lui-même établi, mais c'était au-delà des forces de Mirrim.
Elle rentra donc et se consacra à
l'entreprise et à sa petite fille. C'est pendant cette période que Karène
décéda, seule, ignorée de tous les autres habitants de la maisonnée, et qu'on
vit enfin arriver Marc pour réclamer sa part de l'héritage.
L'apparition de Marc pour réclamer sa part d'héritage eut au moins pour mérite de forcer Jancis à lâcher les rênes de l'Orlithe Corporated à son héritière, Mirrim. Celle-ci, pour oublier son amour pour le jumeau de Marc, Alain, se jeta à corps perdu dans la gestion de l'entreprise et dans l'éducation de sa fille, Faranth.
Pendant ce temps, Menolly vivait très mal son exil de la maisonnée familiale. Fréquentant des bars sombres et mal famés, elle finit malgré tout, grâce à une généreuse somme d'argent fournie à une voyante, par trouver son âme sœur, probablement celui qu'elle cherchait depuis si longtemps, dans la personne de Joachim Bazin, cuisinier de son état.
Alain, lui aussi privé de l'amour d'une femme, était également déchiré par le désir d'avoir un enfant. Il voulut en parler à Marc, mais celui-ci, immergé dans la finance, dans ses tentatives pour accaparer le siège de la présidence de l'Orlithe et dans une romance naissante, ne lui prêta pas oreille.
C'est donc Mirrim qui eut la primeur de la découverte du grand projet d'Alain. Venue le voir à contrecoeur car elle portait à nouveau le ventre rond d'une femme enceinte, elle découvrit ce jour là l'existence de Capiam, petit garçon d'une dizaine d'année qu'Alain venait d'adopter.
Déchirée entre des sentiments contradictoires, elle avait besoin de se confier, mais ne pouvait se tourner ni vers Paco (bien évidemment), ni vers Brekke qui croyait ses soucis résolus depuis des années. C'est donc naturellement vers Menolly qu'elle se tourna. Les deux femmes sont du même sang, mais la vie avait fait qu'elles ne se connaissaient pas vraiment. Pourtant, une rencontre en ville avait débloqué les choses et une amitié était née entre les deux femmes. Menolly pouvait partager son bonheur avec un membre de sa famille et Mirrim avait trouvé une oreille attentive et discrète pour y déverser ses états d'âme.
Cependant, lorsqu'elle retrouva Menolly pour lui raconter ce qu'elle venait d'apprendre, elle reçu un nouveau choc en apprenant que Menolly, elle aussi, et contre l'avis de tous ses médecins, portait l'enfant de Joachim.
Avec ces révélations, la fin de la grossesse de Mirrim fut mouvementée. Et le fut d'autant plus qu'à nouveau, les "petits hommes verts" avaient frappé dans la maison, sur la personne de Paco, qui, depuis qu'il était revenu, avait vu son ventre s'arrondir fortement…
Il y eut donc plusieurs naissances successives : d'abord Kylara, fille de Mirrim et Paco, puis Petiron, l'enfant de Menolly et Joachim. Malheureusement, la naissance de Petiron fut marqué du deuil de sa maman : en effet, Menolly avait du mettre sa santé si fragile en grand danger pour mener sa grossesse à terme, et elle avait succombé très rapidement lors de complications de son accouchement. La naissance de Canth, fils alien de Paco et qui arriva plusieurs semaines après, en passa presque inaperçue.
13 février 2006
Valentine, vous avez dit Valentine ?
Remarquez, il n'a pas l'air de lui en vouloir, le Martin. Ou
alors, il n'a vraiment rien compris à ce "trente" (remarquez, on doit
bien être la seule famille dans tout Ruatho où il y a des records de
générations en générations à ce sujet-là…), mais regardez si c'est pas beau les
cadeaux qu'il vient faire au milieu de la nuit… Alors, comment a-t-il
transporté ce piano dans un petit sac poubelle d'une capacité estimée à 30
litres ? C'est un des mystères de Ruatho, ça… Enfin, ça a quand même bien fait
plaisir à Faranth qui a déclaré que avec 2 pianos à la maison, ça lui
permettrait d'en emmener un sur le campus. On verra à ce moment là si elle
aussi est dépositaire du secret du sac poubelle extensible…
Pendant ce temps, Paco, insensible à la domination
matriarcale de la maison, s'occupe de son fils. Et travaille. C'est tout ce
qu'il fait, depuis la naissance de Canth : boulot, Canth, perfectionnement des
compétences personnelles. Tu parles qu'avec ça, il ne risque pas d'en imposer à
toutes ce filles !
Voyez-vous ça ?? Finalement, Paco ne serait-il pas sensible
aux voix d'outre-tombe? Je me demande si mes lamentations sur son peu de machisme
(mais notez, trop peu, c'est comme trop tout court, n'est-ce pas ?) n'aurait
pas réveillé un Cro-Magnon chez lui. Notez bien, un Cro-Magnon qui serait pas
mal civilisé… Ou alors c'est la crise de la quarantaine, allez savoir. Le fait
est que notre Paco a atteint le rang suprême de son boulot, et qu'il a décidé
que sa prime n'irait pas sur le compte des Orlithe, mais dans sa poche à lui
pour pouvoir se faire un petit plaisir rouge. Et bien, si je le chope au feu
rouge, le coude à la fenêtre, en train de faire ronfler le moteur pour faire de
l'œil à une minette, promis, je prends la photo !
Hé hé, regardez un peu ! Il y en a une autre à qui ça fait
plaisir aussi, ce petit bolide rouge. Même si ça n'a pas été facile pour
Faranth de l'avoir…
"Mon petit papounet, je peux prendre la voiture ce soir
?
-Non.
-… s'il te plaiiiiieeeeeuuuuut !!!
-Non Faranth, tu n'as pas ton permis depuis longtemps, il
n'est pas question que tu la prennes et que tu l'abîmes.
-Mais Papa, j'ai jamais eu d'accident jusqu'à maintenant !
-Rappelle moi depuis combien de temps tu as ton permis ?
-Ben heu… 1 mois… et 3 jours !
-Alors tu comprendras que je ne te laisse pas le volant.
-Mais papaeeeuuuu ! L'examinateur a dit que je conduisais
vachement bien pour quelqu'un qui passait son permis pour la première fois !"
On sent bien que l'échange aurait pu durer longtemps si
Mirrim n'avait pas fait une petite remarque acide sur l'argent qu'avait coûté
la voiture et le fait qu'à ce prix là tout le monde devait pouvoir en profiter…
Et c'était pour aller où, cette voiture, je vous le demande
? En boîte ! Et bien, quelle jeunesse gâtée ! De mon temps, les jeunes y
allaient à pieds ou en stop, en boite, mais là, c'est grand luxe, franchement…
Enfin, regardez donc sur qui Faranth est tombée là-bas : le cher Joachim !
"Hé, salut Jo', comment vas-tu ?
-OH ! Bonjour Faranth… Je… heu, ça va merci…
-T'es sûr ? T'as l'air tout bizarre !
-Et bien pour être honnête, je suis un peu gêné que tu me
voies ici…
-Ben pourquoi ? Tu cherches une fille ? C'est pour ça que
t'es venu ?
-Et bien, depuis le décès de ma douce Menolly, je me sens
seul, c'est vrai, alors je viens ici. Mais je crois que je vais rentrer. Les
femmes qui sont ici sont beaucoup trop jeunes, je ne voudrais pas que les gens
en ville pensent que je détourne des jeunes…
-Oh, Jo', c'est trop mignon ce que tu dis. Bon, déjà, faut
pas être gêné, c'est bien normal que tu te cherches une copine. Après, que les
filles soient trop jeunes… Ma foi, j'en vois de tous les âges ici, et certaines
sont presque seniors.
-Tu es très gentille avec moi, Faranth, comme toujours. Mais
quand même, j'aurais trop peur du qu'en dira-t-on si je ne sors pas avec des
dames hum… d'âge mur.
-Oh là là, Jo', mais qu'est-ce que tu te tortures pour rien
! Enfin, déjà, t'es pas si vieux que ça et en plus tu fais à peine ton âge.
C'est pas compliqué, tu te fais une couleur et personne ne croira plus que tu
es senior. Allez, descend avec moi, on va voir si on ne te trouve pas
quelqu'un. Bon, tu m'en voudras pas trop, mais faudra pas que ça dure trop
longtemps, si les garçons voient que je ne suis pas seule, je n'aurai aucune
chance ce soir !
-Faranth,
tu es vraiment adorable. Ta candeur et ton énergie sont un vrai rayon de soleil
pour moi ! Allez, allons-y !
Ah là là, la jeunesse ! Comme on dit, il faut qu'elle se
fasse, mais il est vrai que Faranth est plutôt marrante. Et puis c'est bien
qu'elle soit copine avec Joachim.
En attendant les petits poussent, à la maison. Kylara est un
peu plus âgée que Canth, mais ça se voit à peine. La petite fille a l'air très
contente d'avoir un petit frère, même si celui-ci a un nez bizarre…. Mais
qu'est-ce donc que ces messes basses qu'ils se font ?
"Dis donc Kylara, t'as vu comme ta maman est furieuse
après cette Valentine Perrier ? T'y as compris quelque chose, toi ? Et pis
pourquoi elle est encore là, Mme Perrier ?
-Ben, je sais pas si j'ai tout compris, mais de ce que maman
en disait à tata Brekke, Mme Perrier est venue poser ses valises devant la
maison en montrant un papier à maman. D'après maman, sur le papier, il y a les
dernières volontés de quelqu'un qui est mort, et qui donne le droit à Mme
Perrier d'habiter ici.
-Comment ça d'habiter ici ? Elle ne repartira pas ?!!?
-Ben écoute, je crois pas. C'est marqué sur le papier,
qu'elle a dit. Et maman a eu beau ne pas être contente, ses avocats lui ont dit
qu'il n'y avait rien à faire…
-Oh ben mince alors… Y'avait pas assez de filles dans cette
maison…"
18 février 2006
Une cinquième femme à la maison
Et oui… incroyable mais vrai, il y a une fille
supplémentaire dans la maison. Tout a commencé un mois auparavant. Valentine
Perrier s'est pointée à la maison avec deux valises en proclamant son droit
d'habiter ici. Interloquée, Mirrim lui en avait demandé la raison :
"Mme Orlithe, j'ai ici un document signé de la main de
Marc Orlithe. Je vous rappelle que celui-ci a été reconnu héritier officiel des
Orlithe, et a donc acquis les droits d'un héritier, entre autre, celui de vivre
ici. Je vous apprends également que Marc est décédé dans un accident de voiture
il y a deux semaines, et que j'étais sa fiancée. Nous devions nous marier l'été
prochain.
-Croyez bien que j'en suis fort désolée, Mlle Perrier, mais ça ne
vous donne pas le droit d'habiter ici. Et puis que feriez-vous ? Vous ne
connaissez personne ici !
-Je m'en accommoderai, Mme Orlithe. Vous n'avez en vérité
pas le choix car dans son testament, Marc m'a reconnue sa légataire universelle
et a conclu certains arrangements avec ses avocats qui obligent la famille
Orlithe à m'accueillir sous son toit et à veiller à ma qualité de vie.
-Diable, il avait fait un testament ? Si jeune…
-Et oui. Maintenant, où puis-je poser mes affaires ?
-Ecoutez, on verra ça plus tard, le temps que mes avocats
examinent ça d'un peu plus près…
-Pas question. Je rentre aujourd'hui.
-Bon, écoutez, vous commencez à m'échauffer sérieusement !
Vous l'auriez demandé plus gentiment, vous auriez peut-être passé la nuit ici.
Je vous le dis tout net, je REFUSE de vous voir rentrer ici tant que mes
avocats n'auront pas dépatouillé ce micmac ! Si vous insistez, j'appelle la police,
et je doute qu'un testament accompagné de tout un charabia juridique les
persuadera qu'ils peuvent vous autoriser à rester ce soir !
Valentine capitula… pour un temps. Elle était sure d'être
dans son droit, comme l'ont prouvé ses avocats pas la suite. La famille Orlithe
fut donc contrainte d'ouvrir sa porte à l'ex-future femme de feu Marc (ne jugez
pas du temps qui s'est écoulé à la longueur des cheveux de Valentine… C'est un
mystère, ça aussi, comme les sacs poubelle). Et ça ne se fait pas sans mal,
visiblement.
-Bon, alors écoutez Valentine, vous savez que vous n'êtes
pas la bienvenue ici. Alors j'aimerais comprendre. N'avez-vous vraiment pas
d'autre endroit où vivre ?
-Oh, si, je pourrais. Marc m'a laissé une fortune
confortable, et je pourrais m'acheter un petit domaine…
-Mais pourquoi ne le faites vous pas ? Qu'est-ce que ça veut
dire, ça, de s'incruster dans une famille sous prétexte qu'on en a légalement
le droit ??
-Vous avez tout dit Mirrim. J'en ai légalement le droit. Je
vous retourne la question, pourquoi ne pas en profiter ?
-Valentine, je vais être claire. Je ne vous apprécie pas, et
je supporte encore moins votre présence dans la maison des Orlithe. Cette
maison nous abrite depuis des générations, et je vis très mal qu'une finasserie
juridique vous donne le droit d'habiter chez nous. CROYEZ-BIEN que votre séjour
ici risque d'être parfois fatiguant !
-Menacez-moi si vous voulez, Mirrim, vous ne me faites pas
peur. Je compte bien rester ici un bon bout de temps.
-MAIS ENFIN, me donnerez vous la raison d'un TEL ACHARNEMENT
???
-Tout vient à point à qui sait attendre, Mirrim…"
conclut nonchalamment Valentine avant de s'éloigner, en chantonnant doucement
qu'elle allait arranger sa chambre à son goût.
La famille a essayé de reprendre le fil de sa vie en le
faisant avec une inconnue à la maison. Et ne rigolez pas, je voudrais vous y
voir, moi ! Une inconnue qui se pointe chez vous en brandissant un papier et
qui pose ses valises dans votre chambre ! Moi ça m'énerve aussi, mais je
suppose que si Mirrim n'a rien pu faire, c'est que Marc avait fait des
documents en béton.
Les relations entre les gens sont tendues. Les enfants
invitent des copains (Canth et Capiam sont dans la même école, alors il
semblerait que la branche Sebell de la famille soit autant présente que la
branche Menolly dans la vie des derniers descendants), mais tout le monde est
un peu gêné. Comment présenter cette dame qui prend des allures de propriétaire
de la maison et qu'en vérité personne ne connaît ? Pas facile…
Paco doit être le seul à le vivre bien. De toute façon,
depuis le temps qu'il n'a plus son mot à dire… Il continue à courir après ses
objectifs personnels, et il y parvient, croyez moi ! De façon peut-être un peu
moins honnête que ceux qui l'ont fait avant lui (hum hum, pauvre Romuald…
Faranth en avait déjà tiré beaucoup…), mais le résultat est là : Paco peut à
son tour proclamer qu'il sait tout sur tout. Et il en est content croyez moi.
Il n'arrête pas de dire à un Canth apeuré qu'il va lui transmettre tout ce
savoir…
Enfin en tout cas, Brekke a visiblement une dent contre
Valentine, elle aussi. Ça, c'est depuis qu'elle a appris que Marc avait projeté
de se marier avec elle. Toujours cette vieille rancœur/jalousie assez étrange.
Enfin, elle aussi lui a dit d'entrée.
-Valentine, Mirrim vous a dit qu'elle ne vous aimait pas. Je
vais y aller plus franchement : je ne peux encadrer votre tête de fouine. Vous
n'êtes qu'une intrigante qui a couché avec le bon mec et qui a décroché le
numéro qui va vous entretenir à vie. Plutôt bien pour une ancienne serveuse.
-Brekke, je bossais justement au Café Rétro, et si moi j'ai
couché avec le bon mec, au moins je n'ai pas couché avec la ville entière. Vous
croyez qu'on ne s'en aperçoit pas que la personne qui vous accompagne est
différente à chaque fois que vous venez ? Et les emballages de préservatif dans
le photomaton après vos passages, vous pensez qu'on les croit tombés du ciel,
peut-être ?



















