05 octobre 2005
Suite de l'arrivée de la 5e génération...
Et regardez un peu s'il n'est pas gâteux, le grand-père !! Au grand bonheur de Meer et Léo, Jancis a rangé sa paranoïa galopante (mis à part pour ce qui est de laisser l'entreprise à Mirrim) pour faire dans le papy gâteau… Lui qui n'avait pas spécialement pris soin de sa propre fille rattrapait ces actes qu'il n'avait pas eus, et on le voyait toujours en première ligne pour donner le biberon, ou encore changer la couche…
Pas forcément pour le plus grand plaisir de Mirrim d'ailleurs… Personne n'a pu constater d'actes ou de paroles aigries ou jalouses, mais… la question flotte… Après tout, son père donne à Faranth une attention qu'elle-même n'a pas connu, et de plus, après avoir fait une croix sur son amour interdit, elle avait clairement affirmé son intention de se consacrer à sa famille. Intention compromise par l'attention très prenante de Jancis pour Faranth.
Alors, elle s'occupe les mains, histoire de, je pense, éviter de trop réfléchir à tout ça. Remarquez, ça tombe plutôt bien, les appareils de la maison se sont donnés le mot, semble-t-il, car tout l'électroménager, la hi-fi et l'informatique répandent une nauséabonde odeur de cramé un peu partout.
Paco, lui, il trouve d'autres façons de s'occuper… Après tout, côté physique, il ne se trouve pas assez… heu… trop… pfff, je sais pas moi, les gens ne sont jamais contents, c'est super pénible ! Enfin bref, il se la joue un peu à la Léo, à qui il ressemble beaucoup : profil bas, on ne se fâche pas avec le mâle dominant de la meute, alors on fait du yoga. Tout nu, oui, pourquoi ? Vous n'avez pas encore l'habitude ? Il passe son temps à poil, tout le monde s'y est fait, va falloir s'y mettre, aussi !
Et avec tout ça, vous le croirez ou pas, ils ont failli oublier l'anniversaire de la petite. Les parents étaient si attentifs à éviter de croiser Jancis collé sur leur Faranth, et Jancis, conscient du malaise, avait un peu décollé la petite.
Conclusion, c'est Brekke qui, à point d'heure, s'est aperçu de l'oubli et s'est précipité vers Faranth en marmonnant contre "toute cette famille à moitié irresponsable qui en oubliait les bébés".
"Non mais c'est pas croyable ça, tantôt ils sont collés dessus à l'en étouffer, tantôt y'a plus personne et la petite hurle par terre… C'est pas croyable, ça, il va quand même falloir qu'ils se mettent d'accord sur qui prend soin de cette gamine… groumpf"
Et malheureusement, c'est le cycle de la vie… Un nouvel être grandit et s'épanouit, et les anciens nous quittent. Et c'est Léo qui est parti le premier. Après une vie pleine et riche de science, Léo est parti serein. Après tout, comme dirait l'autre, la mort n'est qu'une grande aventure de plus.
Nous, habitants du cimetière, c'est sûr, on est bien d'accord (quoi que…), mais du point de vue des vivants, ça reste la même chose : une immense tristesse. Brekke n'était pas encore rentrée du boulot lorsque ça c'est produit, mais Mirrim, qui considérait Léo presque comme un père, et surtout Meer, qui avait toujours vécu avec passion son amour pour cet homme de science, ont largement pleuré pour trois.
Ma pauvre petite Meer ! Et elle a pleuré, mais elle a pleuré ! Depuis le décès de son tendre époux Léo, tout la maisonnée s'inquiète : elle n'arrive pas à mener ses activités journalière : au bout de 5 minutes à peine, la voilà qui s'effondre et hurle sa douleur. Elle n'a même plus son boulot pour s'occuper : après avoir été une star du grand écran, elle s'était reconvertie dans la réalisation et la production, et avait même sorti plusieurs films à succès. Malheureusement, elle avait voulu profiter de la vie et prendre une retraite bien méritée aux côtés de son époux ; elle s'était donc retirée du monde du strass et des paillettes. La voilà bien en peine, maintenant, plus rien en paraît la consoler…
Et pourtant… certains essayèrent… In-cro-ya-ble, mais vrai, Jancis a pris peine de sa petite sœur. Réminiscence d'une enfance heureuse ? Souvenir d'une complicité universitaire ? Cerveau définitivement dérangé ? Besoin de faire le point sur sa vie (car lui-même n'est plus très jeune !) ? Personne ne sait, mais le fait est que Jancis n'a eu de cesse de tenter de consoler Meer, et d'être très proche d'elle. 'Me demande si, en fin de compte, ça n'est pas simplement parce que Jancis n'aimait pas Léo qu'il s'était éloigné de Meer. Allez savoir, pour être sûr, il faudra attendre qu'il nous rejoigne au cimetière….
Mais rien, pas même l'attention de sa fille, de sa nièce, de son grand frère… Rien n'y fit. L'amour de Meer et de Léo n'avait pas été exubérant et démonstratif, mais il était profond, très profond. Ça arrive parfois, dans un couple, si l'un part, l'autre le suit parfois de près. Ça ne m'étonne guère, on sentait cette petite bien trop malheureuse.
Toute la famille en a pleuré (si, si, Paco aussi, mais la photo avec Paco pleurant tout nu avait un je-ne-sais-quoi d'indécent…), et Mirrim est même passée à un cheveu très fin du psy. Son amour abandonné, plus la mort de ceux qu'elle avait appris à aimer comme des parents depuis son jeune âge… c'est pas passé loin… Malgré son propre désarroi, Brekke s'est à nouveau mise aux petits soins pour sa cousine pour combler ses plus petits plaisirs afin de remonter son moral avant que le psy ne débarque…
Et regardez ça, tous ces deuils l'ont fait craquer, et elle a rompu la promesse qu'elle s'était faite de ne jamais tenter de revoir Alain. Elle se rendit à la Maison du Marais, où Alain s'était installé au décès de sa maman, lorsqu'il était revenu du campus. Elle sonna, mais… personne… Alors que le soleil déclinait tout doucement, elle fit le tour de la maison sur pilotis, et trouva Alain assis dans l'herbe. Il leva la tête vers elle, et dit, doucement, d'un ton ému et surpris :
"Bonjour, ma belle.
-Bonjour Alain".
Un silence gêné s'écoula. Alain
en profita pour se relever et frotta son pantalon en s'expliquant :
"Je faisais du jardinage… Ce
jardin a été laissé à l'abandon trop longtemps, je crois.
-C'est ce qui lui donnait son
charme, non ?
-Oh, si on veut… Maman n'avait
jamais aimé jardiner.
-J'ai su, pour ta maman. Je suis
désolée pour toi, je sais combien tu l'aimais.
-Merci, tu es gentille. J'aurais
souhaité que tu la connaisses mieux…
-Moi aussi, c'est ce que j'aurais
voulu. Malheureusement, la mort ne fait pas de cadeau."
Mirrim s'interrompit brusquement
: sa voix était chargée de sanglots. Alain la prit doucement par la main, et la
mena à un banc au bord de l'eau
"Mirrim, ma belle, moi
aussi, j'ai su, pour Léo et Meer. Je suis navrée pour toi, et je comprends que
tu sois venue chercher un peu de réconfort.
-Sniiiif sniiiiif… merci Alain,
tu es toujours aussi… Hum, enfin, je n'ai pas trop envie d'en parler. C'est
trop triste.
-Très bien. Comme tu veux.
Puis-je te demander comment grandit Faranth ?
-Faranth ? Mais… mais… tu es au
courant ???
-Bien sûr. Comment aurais-je pu
ne pas le savoir ? Les gens parlent, tu sais. Par exemple, l'épicière m'a
raconté comment Jancis t'a mis la pression pour que tu aies un mari et une
descendance. La factrice m'a ensuite raconté comment Brekke se tordait de rire
quand tu as annoncé ton choix. Mais, ajouta-t-il après un instant de réflexion,
je ne sais plus qui m'a dit que tu étais maman. Par contre, je m'en souviens
bien, c'est Menolly qui m'a annoncé la naissance et m'a dit quel nom tu avais
choisi…
-Tu t'en es souvenu ?
-Bien sur, ma belle, comment
aurais-je pu oublier quel nom nous avions choisi pour nos futurs enfants ?
-Je suis désolée… Je ne voulais
pas, mais j'ai imaginé que peut-être, si elle s'appelait comme ça, tu serais
plus proche de moi. J'espère que tu ne m'en veux pas…
-Comment aurais-je pu t'en
vouloir ? J'ai ainsi su que je faisais toujours partie de ta vie."
Une larme coula sur le visage de
Mirrim. Elle l'essuya distraitement et reprit :
-C'est vrai. Mais je n'ai pas la
force de parler de ça non plus.
-Pas grave ! Viens, rentrons à
l'intérieur, la nuit est vraiment tombée, je commence à avoir froid.
-Un p'tit café ? Proposa Alain
une fois qu'ils furent à l'intérieur.
-Avec plaisir, oui. Dis donc, fit
Mirrim en tournant sur elle-même, ça a bien changé ici. Où sont passés les
tables basses-cageot et les tabourets-billot de bois ?
-Ne te moque pas comme ça, sourit
Alain. Le fait est qu'avec tout ça, Marc et moi avons de l'argent. Soit dit en
passant, Marc a adopté votre patronyme, comme il en avait le droit. Il fait le
fier, la branche dissidente de la famille Orlithe, Marc Orlithe !
-Et toi ? Tu l'as pris ?
-Non, je ne l'ai pas souhaité.
Enfin bref, j'ai pu acheter tous les meubles que je voulais, à condition bien
sûr que ça rentre dans cette bicoque.
-Tu n'as pas voulu acheter de
plus grande maison ?
-Non, j'y suis attaché. Mes
origines sont ici, je n'ai pas envie de les oublier, comme Marc.
-Pourquoi dis-tu ça ? Considère
tu qu'il est honteux qu'il ait changé de nom ?
-Non, mais je suis un Lamy. Etre
un Orlithe, ce serait… trop douloureux.
-Hum, reprit Mirrim, visiblement
gênée lorsqu'elle eut compris la pensée d'Alain. Et au fait, comment ça se
passe, la succession ? Jancis n'a toujours pas entendu parler de vous.
-Tiens, c'est étonnant. J'ai reçu
un héritage substantiel de mon père, et Marc aussi. J'aurais aimé m'occuper des
Hippoposimus, en souvenir de mon… père, mais j'ai peur que Marc considère qu'il
a bien plus la fibre commerciale que moi. Ce qui n'est pas faux, ajouta-t-il en
riant !
-C'est étrange, Jancis n'a parlé
de rien… Il l'a forcément vu pourtant. Remarque, il me tient à l'écart de
l'Orlithe Corporated autant qu'il le peut. Il n'est pas près de lâcher les
rênes, celui-là, et le jour où ça arrivera, je ne saurai presque rien.
-Tu devrais peut-être en parler
avec lui, je pense. En tout cas, ce qui me paraît le plus étrange, c'est
qu'Alain n'ait fait aucune démarche. Il ne va certainement pas passer à côté de
son héritage. Je lui poserai la question, un de ces jours.
-Mouais… On verra bien."
Après un instant, Mirrim rajouta
:
"Je vais y aller, je pense,
il est tard, et j'ignore si la nounou a entendu les horaires. Sourde comme un
pot, celle-là.
-Oh, attends 5 minutes ! La
maison est si petite, tu n'as pas vu comme j'ai relooké l'étage."
L'étage, ça veut dire la chambre.
Mirrim sait qu'elle devrait dire non, mais… les émotions de ces jours-ci furent
tellement pénibles…
"Allons-y, mais vite, hein
!"
"'Et bien, effectivement, ça
a changé, ici ! Tu as vraiment tout modifié, s'exclama Mirrim en faisant le
tour de la pièce.
-Oui, c'est un mélange
moderne-rustique un peu brutal pour certains, mais moi, je trouve que ça donne
un côté cosy à ma pièce.
-C'est vrai, c'est vrai, murmura
Mirrim en s'aventurant à s'asseoir sur le lit. Elle surveillait Alain du coin
de l'œil, mais celui-ci choisit de s'installer dans son fauteuil de bureau.
-Tiens, c'est une photo de tonton
Sebell, sur ta table de nuit !
-Oui, Maman la contemplait tous
les soirs avant de dormir. A croire que nous autres les Lamy, sommes des
amoureux maudits des Orlithe !"
Sans laisser à Mirrim le temps de
relever le mot "amoureux", il embraya :
-Et au mur, tu reconnais ?
-Le poster au mur ? Mais… mais,
ne serait-ce pas Meer dans un de ses tout premier grand rôle ?
-Si, tu l'as bien reconnu ! Maman
était fan, et comme j'ai toujours apprécié Meer, j'ai gardé l'affiche…"
Alain contempla pensivement
l'affiche au mur et tourna brutalement la tête lorsqu'il entendit un sanglot.
"Mirrim ! Pardonne-moi
!" Alain se leva brusquement et courut prendre Meer dans ses bras.
"Je suis vraiment navré, je
suis là à te parler de Meer comme ça et toi… toi… tu es si triste !
-Sniiiif… Ce n'est pas de ta
faute, Alain… sniiiiiiifffff. J'ai juste l'impression que – snif snif – depuis
que nous avons été forcés de nous séparer, -SNIF SNIF -, je ne fais que
pleurer. Tu étais l'homme de ma vie, j'ai eu 100 fois la sensation de te
tromper avec Paco –Snif snif – même s'il est gentil, mais je ne suis pas
amoureuse –snif snif –"
Mirrim continua. Elle avait besoin
de vider son sac, et elle le vida, d'une voix hachée, sanglotante, mais elle le
vida :
"Tu comprends, sans toi, il
n'y avait que ma famille pour me soutenir, et ma famille, c'était surtout Meer
et Brekke –snif snif - bien sûr,
maintenant j'ai Faranth, mais que je tourne les choses comme je les tourne, tu
n'es pas dans ma vie et je ne le supporte pas –snif snif – maintenant que j'ai
perdu deux piliers familiaux –snif snif – le vide dans ma vie est devenu
immense ! Seule Faranth me donne l'impression que je suis quelqu'un… -snif
snif- je pourrais aussi avoir l'entreprise pour m'abrutir de travail mais
Jancis ne me la laisse pas –snif snif-"
Alain la laissa sangloter sur son
épaule, le temps d'être sûr que Mirrim avait fini. Tout doucement, il la redressa,
pour pouvoir lui parler face à face. Tendrement, il caressa sa joue, tout en la
regardant intensément. A lui aussi, les larmes lui brûlaient les yeux.
"Mirrim, ma belle, ma douce,
mon amour… Ces mots me transpercent le cœur. J'espérais que toi, au moins, tu
avais réussi à faire une croix sur nous deux, et que tu construirais ta vie
avec Paco. Maintenant que je vois qu'il n'en est rien, je n'ai qu'une chose à
te dire : jamais tu n'as quitté mes pensées, jamais mon regard n'a été détourné
par quelqu'un d'autre. Je vis ici comme un ermite en me consumant pour
toi"
Alain se rapprocha de Mirrim et
prit son visage entre ses deux mains :
"Mirrim, je t'aime, comme
lorsqu'on s'est connu, il y a déjà 10 ans. Je n'en peux plus et toi non plus.
Bravons cet interdit, nous pouvons vivre discrètement... "
En disant cela, son visage
s'était rapproché de celui de Mirrim. Seuls quelques centimètres les
séparaient. Alain continua de s'approcher, jusqu'à ce que leurs lèvres se frôlent.
Mirrim se dégagea alors violemment, et les larmes coulant à nouveau à flot sur
son visage, elle s'exclama :
"Je ne peux pas ! Je ne peux
pas être malhonnête avec tout le monde, je ne peux pas abandonner ma fille! Je
ne peux pas braver cet interdit qui s'est installé entre nous ! C'est toi qui
as dit que c'était MAL !
"Mais Mirrim… On peut y
réfléchir !!"
Trop tard. Mirrim était partie en
courant.
Lorsqu'elle rentra, la maison était vide, à part la nounou qui ronflait à côté du berceau de la petite. Mirrim laissa un mot dans la cuisine parlant de migraine et s'enferma dans sa chambre en claquant la porte suffisamment fort pour réveiller la nounou. Les jours passèrent, Mirrim s'occupait essentiellement de sa fille, et avait forcé Jancis a la laisser prendre certaines branches de l'entreprise en main.
Prise entre ces deux tâches très prenantes, elle pouvait essayer d'arrêter de penser. Elle regardait sa petite Faranth grandir et faire ses premiers pas d'un air attendri. Mais certaines nuits, celles que Paco passaient sur le balcon à cartographier le ciel (comme si Léo ne l'avait pas fait, depuis le temps !), une Brekke inquiète pouvait entendre des sanglots à travers la porte de la chambre.
Et pauvre Mirrim, si elle avait su !! Après des années d'enfermement, la raison de Karène n'était plus ce qu'elle avait pu être. C'était devenu une vieille femme vivant dans les ordures et discutant avec les cafards. Une nuit, en faisant un semblant de cuisine (Jancis s'était occupé de tout, y compris de l'approvisionnement. Avant qu'elle se fasse virer, il l'avait même forcée prendre sa retraite et empochait sans complexes sa pension confortable), elle s'était endormie debout. Bizarre, je sais, mais elle n'avait pas vu de médecin depuis longtemps. Il y avait peut être une mouche tsé tsé dans le lot… Et toute sa prison brûla, en temps record. Le temps que les pompiers arrivent, toute la structure était effondrée. Oh, ils retrouvèrent bien de curieux ossements dans les cendres, mais comme personne ne put dire si quelqu'un vivait là, l'enquête conclut à la mort d'un sans abri qui se serait réfugié dans cette cabane. Humpf, en voilà un qui s'en tire bien !!!
Et tiens, regardez donc qui se
pointe enfin à la maison. C'est Jacques qui rodait dehors qui m'a appelé et on
s'est tassé derrière la fenêtre pour espionner. Alors, qu'est-ce qu'il nous
veut, ce morpion ? Quoi ? Hum, mais non Sebell, je n'insultais pas tes
rejetons. Ah mais tu restes ?
-Ben oui maman, je voudrais bien
voir comment mon rejeton s'en sort avec celui de Robinton…
-Merci de m'avoir reçu Mr Orlithe
-Mais je vous en prie.
Pouvez-vous enfin me dire à qui j'ai l'honneur ? Je vous rappelle que vous ne
m'avez toujours pas donné votre nom.
-Avec plaisir. Je suis Mr
Orlithe. Mr Marc Orlithe"
Oooh ! Jancis a changé de couleur ! Il est tout verdâtre ! Eh, va pas falloir lui faire faire une attaque, quand même !
-Qu… Quoi ? Heu, je vous demande
pardon ? Les seules personnes portant le nom d'Orlithe, je les connais.
-On dirait que non, Jancis. Je
peux vous appeler Jancis, n'est-ce pas ? Après tout, nous sommes de la même
famille.
-Mais de quoi parlez vous, à la
fin !
-Et bien, j'ai dans ces documents
des attestations de l'exécuteur testamentaire de mon père, Sebell Orlith.
-QUOI ??!!
-Et oui, votre oncle a eu deux enfants, mon frère et moi. Pour que nous
ne vivions pas dans la misère, il nous a autorisé à porter le nom d'Orlithe à
nos majorités, et de là, à accéder aux privilèges des héritiers Orlithe. Vous
aurez d'ailleurs peut-être constaté qu'une partie de notre héritage nous a été
automatiquement versé par vos banques.
-C'était donc cela. Je ne voulais
pas que Mirrim voie ça. Ces importants retraits vers des comptes anonymes. Je
n'avais pas réussi à comprendre…
-Tout s'éclaire, s'exclama
gaiement Marc ! Nous avons touché des sommes d'argent conséquentes qui nous
revenaient de plein droit en tant qu'héritiers. Mon frère ne désire pas
grand-chose, j'ai presque du le forcer à accepter l'argent, mais moi, je
souhaite un siège au conseil d'administration. Avouez que c'est sympa, je pourrais
tenter de doubler Mirrim, mais je n'en ferai rien.
-Pourquoi ?
-J'ai mes raisons, elles sont
personnelles. Ensuite, je suis en droit de réclamer la gestion des
Hippoposimus, ainsi que le souhaitait mon cher papa. Par voie de conséquent, je
la réclame. Sebell a souhaité que les Hippoposimus reste dans SA branche de la
famille, je vais m'empresser de l'exaucer.
Un silence suivit cette dernière
déclaration
-Oui ? Qu'attendez-vous de moi,
en clair ?
-En clair, cher tonton Jancis,
vous signez les papiers que je vous ai amenés, qui, grosso modo, me donnent les
droits que je vous ai réclamés. N'essayez pas de résister, légalement, Sebell a
fait un dossier en béton, et je peux vous attaquer si vous n'obtempérez pas.
-Inutile de parler immédiatement
d'attaque. Voulez-vous me laisser tous ces papiers, plutôt que d'essayer de me
les faire signer sans les lire ? J'ai un délai légal pour lire ce genre de
chose avec mes avocats."
Un air contrarié passa sur le
visage de Marc, mais il tendit les documents à Jancis.
"Très bien, je vous laisse
les lire. Je reprendrai contact avec vous. Sur ce, je ne pense pas que vous
ayez d'émouvants souvenirs de famille à partager avec moi, aussi, je vous
souhaite le bonsoir."
Et ni une ni deux, il tourna les
talons et quitta la maison.
Ben ça alors ! Il est doué mon
fils, quand même, plus que moi !
Mouais, Sebell, mon chéri, j'espère que toute cette histoire ne va pas encore nous mettre le souk…



















